Passer au contenu

Le Minaret

Résolution 800x600 Résolution 1024x768 Augmenter la taille des caractères Diminuer la taille des caractères Taille des caractères par défaut Bleu color Noir color Cyan color Vert color Rouge color
Accueil arrow Divers arrow Divers arrow Peut-on célébrer la naissance du Prophète -Grâces et Salutations sur Lui-?
Peut-on célébrer la naissance du Prophète -Grâces et Salutations sur Lui-? Convertir en PDF Version imprimable
Appréciation des utilisateurs: / 10
FaibleMeilleur 

Peut-on célébrer la naissance du Prophète -Grâces et Salutations sur Lui-?

(extrait du livre " à la découverte de l'islam ; N° 3 ", de Mohamed Jamil Cherifi)

Al-Mawlid an-nabawîy - Grâces et Salutations sur lui- est la fête qui commémore la naissance du Prophète de l'Islâm.
Ibn Ishâq, qui a écrit la biographie du Prophète, privilégie l'opinion selon laquelle, la naissance du prophète - Grâces et Salutations sur lui- eut lieu après douze nuits écoulées du mois de Rabî` Al-Awwal de l'An de l'Eléphant. Ibn Abî Shaybah relate cette opinion selon Jâbir et Ibn `Abbâs et d'autres. C'est une opinion répandue parmi les savants. Donc, elle se célèbre généralement le 12 du mois de rabi` al-awwal, troisième mois de l'année lunaire. Cette fête est célébrée dans tout le monde musulman, aussi bien sunnite que chiite.


Dans le Sahîh de Muslim selon Abû Qatâdah Al-Ansâri : Lorsque le Prophète - paix et bénédiction d'Allah sur lui - fut interrogé au sujet du jeûne du lundi, il dit : " C'est le jour où je suis né, c'est le jour où je fus envoyé et c'est le jour où la révélation descendit sur moi ". Il a été rapporté selon Jâbir et Ibn `Abbâs que le Messager d'Allah - paix et bénédiction d'Allah sur lui - naquit l'an de l'Eléphant, un lundi, le 12 Rabî` Al-Awwal, il fut envoyé ce même mois, l'Ascension au Ciel eut lieu de même mois, il émigra et décéda pendant ce mois de Rabî` Al-Awwal. Le Messager d'Allah - paix et bénédiction sur lui - indiqua que le jour de sa naissance est privilégié par rapport aux autres jours. Et le croyant peut espérer une grande rétribution pendant un jour béni, sachant que privilégier les œuvres qui coïncident avec les moments de la Généreuse Bonté divine est une démarche établie avec certitude dans la sharî`ah.

 

Ainsi, la célébration de ce jour et l'expression de notre gratitude envers Dieu pour ce bienfait qu'est la naissance du Prophète, et pour nous avoir guidé à sa voie, est une chose confirmée par la jurisprudence islamique, à condition de ne pas lui donner une forme spéciale. Il convient plutôt de propager la joie et la bonne annonce autour de soi, en se rapprochant de Dieu par ce qu'Il a légiféré, en informant les gens des bienfaits de ce jour, et en s'éloignant de ce qui est illicite. Quant aux coutumes liées à la nourriture ce jour-là, elles rentrent dans le cadre du verset : " Mangez des (nourritures) licites que Nous vous avons attribuées ".

 

A notre époque, il n'y a pas de mal à faire cette célébration, car les jeunes sont noyés dans les autres célébrations mondaines. C'est l'occasion pour se pencher sur la vie du Prophète - Grâces et Salutations sur lui - et faire connaître aux jeunes leur religion.

 

Az-Zurqânî dit dans son commentaire d'Al-Mawâhib d'Al-Qastillânî : " Ibn Al-Jazrî, l'Imâm des lecteurs coraniques, décédé en 833 A.H., commente la tradition rapportée par Al-Bukhâri et d'autres au sujet d'Abû Lahab selon laquelle il fut si heureux par la naissance du Messager qu'il affranchît Thuwaybah son esclave quand elle lui annonça la bonne nouvelle ; et que pour cela Allah allégea son châtiment en Enfer.

Ibn Al-Jazrî dit : "Si ce mécréant condamné dans le Coran, fut rétribué en Enfer pour avoir été heureux pour la naissance du Prophète, qu'en est-il du musulman, le Muwahhid (monothéiste) de sa communauté, qui éprouve un bonheur pour sa naissance et fait tout ce qu'il peut pour son amour.

Cependant, les théologiens divergent quant à la légitimité d'une telle " bid'ah " (innovation). Certains affirment qu'il s'agit de l'une des bonnes pratiques dont parlait le prophète dans une tradition rapportée par At-Tirmidy n°2675 :

  • " Quiconque a initié une bonne pratique adoptée par d'autres recevra sa propre récompense doublée d'une autre égale à celle accordée à tous ceux qui auront adopté son initiative, sans que l'augmentation de la récompense de l'initiateur signifie une amputation de celles des autres. Quiconque instaure une mauvaise pratique adoptée par d'autres en subira une responsabilité personnelle doublée d'une autre égale à celle qui incombe à tous ceux qui auront perpétué sa pratique, sans que l'alourdissement de sa responsabilité signifie un allègement de la leur. "

D'autres théologiens mettent en garde contre l'altération de l'Islam tel qu'il fut révélé, en s'appuyant sur d'autres traditions prophétiques :

  • " Quiconque introduit dans notre religion ce qui lui est étranger le verra rejeté" [rapporté par Bukhari sous le n° 2697 et par Muslim sous le n° 1718]

  • " Méfiez vous des inventions (religieuses), car toute invention est une innovation, et toute innovation est un égarement, et tout égarement mène au Feu " ( rapporté par El-Nassâ'i et autres).

Concernant le hadith parlant de l'instauration d'une bonne pratique, ils rétorquent qu'il s'agit d'instaurer à nouveau une pratique tombée en désuétude ayant une base dans la Sunnah, c'est à dire déjà pratiquée par le prophète. Ils citent un autre hadith qui rapporte la même parole du prophète, en y incluant son contexte :

  • " Des bédouins vêtus de laine se présentèrent au Prophète (bénédiction et salut soient sur lui). Celui-ci voyant que leur misérable état traduisait le besoin, exhorta les gens à faire de l'aumône. Mais ces derniers tardèrent à réagir au point que le visage du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) exprima visiblement la désapprobation de cette attitude. Puis, un homme des Ansar apporta une bourse remplie de pièce de monnaie, puis un autre en fit de même, puis des gens se succédèrent de façon à ce que le visage du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) exprima la joie. C'est alors que ce dernier dit: " Quiconque initie en Islam une belle pratique et que d'autres l'adoptent à sa suite, recevra une récompense égale à celle réservée à toute personne qui aura adopté sa pratique, sans que cela soit amputé des récompenses accordées aux continuateurs. Et quiconque instaure une mauvaise pratique adoptée par d'autres en subira une responsabilité personnelle doublée d'une autre égale à celle qui incombe à tous ceux qui auront perpétué sa pratique, sans que l'alourdissement de sa responsabilité signifie un allègement de la leur. " [rapporté par Muslim n° 1017].

Au XIVeme siècle après J.C., le théologien Ibn Taymiyyah rejète quant à lui l'instauration de cette nouvelle fête, en écrivant dans son ouvrage intitulé "Iqtidâ As-Sirât Al Mustaqîm : Mukhâlafatu Ashâb Al Jahîm " :
" L'institution, par certains, d'une fête commémorant la naissance du Prophète malgré les divergences existant quant à sa date exacte -et qui vise, soit à ressembler aux chrétiens dans leur commémoration de la naissance de 'Îssa (Jésus), soit à exprimer leur amour et leur vénération pour le Prophète - n'était pas pratiquée par les anciens bien qu'ils aient eu raisons de le faire et que rien ne les en empêchait. Et si une telle démarche comportait un bien, qu'il soit absolu ou même prépondérant, ces derniers seraient plus en droit de l'appliquer que nous. L'amour et la vénération qu'ils avaient à l'égard du Prophète étaient en effet bien plus intenses que les nôtres et ils étaient on ne peut plus soucieux que nous de pratiquer le bien. Leur amour et leur vénération s'exprimaient donc uniquement dans leur mise en conformité avec la voie du Prophète, l'obéissance qu'ils lui vouaient, l'application de ses commandements, la revivification tant dans la forme que dans le fond- de sa Sunna, la propagation [du message] avec lequel il fut dépêché et enfin dans tous les efforts qu'ils déployèrent dans leur cœur, par leur langue ou par les actes- dans cette voie. Or, force est de constater que la plupart de ces personnes soucieuses de pratiquer de telles innovations sont dans une totale léthargie lorsqu'il s'agit d'œuvrer là où l'ordre du Prophète leur est parvenu. On ne peut que les comparer à ceux qui ornent et embellissent le Coran sans le lire ou encore à ceux qui le lisent sans l'appliquer." Fin de citation

 

Au XVème siècle après J.C, le théologien Al-Suyuti relate dans son ouvrage "Al-Hawi li l-Fatawa" les paroles du théologien du siècle précédent Ibn Hajar :
" Chaykh al-Islam, le Hafidh de son époque Abou l-Fadl Ibn Hajar - Al-Asqalaniyy - fut interrogé au sujet de l'organisation du Mawlid. Il répondit ce qui suit : L'organisation du Mawlid à l'origine est une innovation qui n'est rapportée d'aucun des gens du Salaf vertueux, ceux des trois premiers siècles. Malgré cela, elle comporte de bons aspects et des aspects qui leur sont contraires. Dans le cas où les gens ne font dans leur acte que les bons aspects et se gardent de leurs opposés, c'est une bonne innovation. Dans le cas contraire, ça ne l'est pas. Il m'a semblé bon d'extraire à ce sujet des hadith confirmés. C'est ce qui est confirmé dans les deux Sahih que le Prophète vint à Médine et y trouva les juifs jeûnant le jour de Achoura'. Il les interrogea et ils répondirent : c'est le jour où Allah a fait périr noyé Pharaon et a sauvé Moïse. Nous le jeûnons pour remercier Allah Très Haut. Le Prophète a dit ce qui signifie : "Nous sommes prioritaires sur vous par rapport à Moïse". On tire de cela la permission d'accomplir un acte de remerciement envers Allah pour ce qu'Il a accordé par grâce en un jour précis, que ce soit un bienfait accordé ou un mal repoussé et la permission de l'accomplir de nouveau la même journée de chaque année. Le remerciement envers Allah s'effectue par différentes sortes d'adoration comme la prosternation, le jeûne, l'aumône, la récitation. Et quel plus grand bienfait que l'apparition de ce Prophète, le Prophète de la miséricorde en ce jour-là. Ainsi il convient de rechercher et de s'assurer de la journée elle-même pour que cela soit conforme à l'événement arrivé à Moïse au jour de Achoura'. Celui qui ne s'assure pas de cela et n'y prête pas attention organisera le Mawlid n'importe quel jour du mois, ou même certains le généraliseront et le feront n'importe quel jour de l'année et cela comportera ce que cela comportera ... Voilà concernant l'origine de l'organisation de la fête et ce qu'on y fait. Il convient donc de se limiter à ce qui représente un remerciement de Allah Très Haut, de l'ordre de ce qui a été cité plus haut, à savoir la récitation, la présentation de nourriture et le chant de quelques chants élogieux rappelant le détachement des plaisirs du bas-monde et touchant les cœurs pour les inciter à faire le bien et à œuvrer pour l'au-delà." Fin de citation

 

Puis Sheikh Muhammad Al-Fâdil Ibn `Ashûr dit : au 9e siecle A.H., les gens furent partagés, certains l'autorisant, d'autres l'interdisant. Parmi ceux qui l'appréciaient il y a As-Suyûtî, Ibn Hajar Al-`Asqalâni, Ibn Hajar Al-Haythamî, tout en condamnant les innovations qui se sont greffées sur la célébration. Ils basent leur opinion sur le verset : " et rappelle-leur les Jours d' Allah " [3]. An-Nasâ'î et `Abd Allâh Ibn Ahmad [Ibn Hanbal] dans le complément du Musnad, ainsi qu'Al-Bayhaqî dans Shu`ab Al-Imân rapportent selon Ubayy Ibn Ka`b que le Messager d'Allah, paix et bénédiction d'Allah sur lui, interpréta " les jours d'Allâh " par les bienfaits d'Allâh et Ses signes (cf. Rûh Al-Ma`ânî d'Al-Alûsî), et la naissance du Prophète est un très grand bienfait.

 

Historiquement parlant, Al-Qalqashandî dans son livre Subh Al-A`shâ relate déjà qu'à son époque, la célébration se faisait déjà sous le règne des Fatimides, en Egypte, au V° siècle A.H. Puis avec l'arrivée de la dynastie ayyoubide, furent abolies toutes les traces des Fatimides. Cependant, les gens continuèrent à la célébrer en privé. Puis au début du septième siècle après l'Hégire, XIIIème siècle après J.C cette célébration devint officielle dans la ville de Irbil, par un décret de son prince sunnite, Mudhaffar Ad-Dîn Abû Sa`id Kawkabrî Ibn Zayn Ad-Din `Alî Ibn Tabkatkin. Au Maghreb, la fête du mouloud fut introduite en XIII ° siècle de J.C par le sultan mérinide Abu Ya'qub Yusuf. Aujourd'hui, la fête du mawlid est un jour férié. Elle se célèbre généralement le 12 du mois de rabi` al-awwal, troisième mois de l'année lunaire. En général, cette fête est célébrée dans tout le monde musulman, aussi bien sunnite que chiite. En Arabie, le ministère des affaires religieuses ne reconnaît pas cette fête comme étant islamique et la considère comme une bid'a, bien que sa célébration ne soit pas interdite par les autorités.

Envoyer cet article

 
< Précédent

[ Top ]

Tout Afficher Tout Masquer Afficher/Masquer les modules

Hadiths Aleatoires

Selon Sahl Ibn Sa'd (das), le Messager de Dieu (bsdl) a dit: «Certes les habitants du Paradis verront les palais qui sont au-dessus d'eux comme vous voyez maintenant les astres au firmament». (ura)
Librairie Musulmane

Articles similaires

Ecouter Radio ZamZam

Ecouter Radio ZamZam

Identification

Restez informer de tous les nouveaux articles ajoutés





Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous

Qui est en ligne

Membres: 378
Publications: 128
Liens: 11