| Le Très-Haut (al-A'lâ) Commentaire Sourate 87 |
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Le Très-Haut (al-A'lâ) Sourate 87 (19 versets, révélés à La Mecque) Tafsirs Ibn Abbas Al Jalalayn Al Sabunî Préparé
par Tahar Gaïd Cette sourate, appelée soit al-A'lâ soit Sabbih , porte le nom qui est contenu dans le premier verset. Elle correspond à la précédente par les aspects suivants : at- T âriq mentionne la création de l'homme et des plantes. Quant à celle-ci , elle signale ce qu'il y a d'important dans la création de l'être humain et de la végétation.
Cette sourate mecquoise traite d'une manière succincte les sujets suivants : 1 - L'Unicité de l'Essence de Dieu, détenteur de la seigneurie et des attributs sanctifiés, et quelques preuves relatives à Sa puissance créatrice. 2 - La révélation divine, le Coran descendu sur le Sceau des envoyés et des autres prophètes dont la sauvegarde et l'enseignement leur ont été facilités. 3 - Le rappel de l'excellente exhortation qui profite aux cœurs vivants, c'est-à-dire aux gens de la félicité et de la foi pure et sincère. La sourate s'ouvre par l'ordre de glorifier le nom de Dieu qui a créé l'homme, l'a formé et l ' a guidé dans la voie du bonheur, et qui a créé pour toutes les créatures, les humains et les animaux, ce qui leur est nécessaire dans cette vie. 1 - Glorifie le nom de ton Seigneur, le Très-Haut, - 2 - Celui qui a créé et agencé soigneusement, - 3 - et et qui a décrété et guidé, - 4 - et qui a fait pousser le pâturage, - 5 - et en a fait ensuite un foin sombre. Elle aborde la question de la descente du glorieux Coran qui clôture la révélation divine, Livre qui a été descendu sur le cœur du dernier des prophètes. Dieu annonce à ce dernier qu'Il lui facilitera la mémorisation du Coran reçu e par l'intermédiaire de Gabriel afin de le communiquer à Ses serviteurs, afin qu'aucun d'entre eux ne trouve de prétexte et dise : "Je ne savais pas". En effet, l'ange Gabriel n'interrompait la révélation des versets que lorsque le Prophète - Que la prière et le salut soient sur lui - en récitait le début. Il agissait ainsi pour que l'Envoyé de Dieu n'en oublie rien. 6 - Nous te ferons réciter (le Coran), de sorte que tu n'oublieras pas - 7 - ce qu'Allah veut car Il connaît ce qui paraît au grand jour ainsi que ce qui est caché. - 8 - Nous te mettrons sur la voie la plus facile. - 9 - Rappelle donc où le Rappel doit être utile. Elle finit en montrant la réussite de celui qui a purifié son âme des péchés avec une intention sincère, en joignant à son adhésion à la religion, l'accomplissement de bonnes œuvres et en ayant toujours présent dans son cœur la Grandeur du Créateur, du Miséricordieux. 14 - Réussit certes celui qui se purifie, - 15 - et se rappelle le nom d e son Seigneur, puis célèbre la prière. - 16 - Mais vous préférez plutôt la vie présente, - 17 - alors que l'au-delà est meilleur et plus durable. - 18 - Ceci se trouve, certes, dans les Feuilles anciennes, - 19 - les Feuilles d'Abraham et de Moïse. Le Prophète - Que la prière et le salut soient sur lui - avait pour habitude de lire cette sourate et la suivante, le Jour des deux aïd et le jour du vendredi. Selon 'Aïsha, lors de la prière du witr , il récitait cette sourate, plus "ô vous les infidèles" (S.109) et les trois dernières sourates (112, 113 et 114). . Etude et commentaire La glorification du Nom de Dieu Tout l'univers glorifie Dieu et atteste Son unicité. Il est l'Unique, le Beau, le Majestueux. Il ordonne à Son envoyé de glorifier Son nom afin que les Musulmans connaissent la voie de la gratitude qui mène au Seigneur des mondes. 1 - [ Ô Muhammad ! ] Glorifie [ purifie ] le Nom de ton Seigneur [ afin qu'aucun autre nom superflu ne s'y ajoute ] , le Très-Haut [ qui est un Attribut de ton Seigneur ] Selon Ibn 'Abbâs, chaque fois que le Prophète récitait cette sourate, il disait : " Gloire à mon Seigneur le Très-Haut" . Il a dit : "Celui qui s e souvient de Dieu au milieu des i n sensés ressemble au combattant au milieu des fuyards". Il a dit : "Dieu déclare : Moi, Je suis avec Mon serviteur tant qu'il se souvient de Moi et que bougent ses lèvres". On posa cette question au Prophète : "Quelle est l'œuvre la plus méritoire ? " Il répondit : "Mourir, la langue imbibée du souvenir de Dieu". Dieu a dit : "Si Mon serviteur se souvient de Moi en lui-même, Je Me souviendrai de lui en Moi-même; s'il se souvient de Moi dans une assemblée, Je Me souviendrai t de lui dans une a s semblée meilleure que la sienne ; s'il s'approche de Moi d'un empan, Je M'approcherai t de lui d'une coudée ; s'il s'approche de Moi d'une coudée, Je M'approcherai de lui d'une brasse ; s'il s'avance vers Moi, J'accourrai vers lui". Dieu s'adresse à Son intime : Purifie, ô Muhammad ! le Nom de ton Seigneur, le Très-Haut, Celui que personne n'égale quoi qu'en disent les injustes, ceux-là même qui Lui donnent un fils ou un associé, une compagne ou un descendant, ceux qui se figurent qu'une imperfection ou une incapacité puis s e L'atteindre. "Gloire à ton Seigneur, le Seigneur de la puissance. Il est au-dessus de ce qu'ils décrivent !" (S.37, 180) Dieu ordonne de ne pas donner Son nom à une autre divinité ainsi que le faisaient les associants. Ceux-ci attribuaient des noms à leurs divinités telles que " allât " et " al-'uzza ". C'est ce que dit Ibn Hazm : Sabbih , c'est avec ce terme que le Coran est descendu et c'est en l'employant que Dieu s'adresse à nous. Le tasbî h consiste à purifier une chose de son impureté. C'est dire que Dieu nous ordonne de purifier Son nom de tout ce que les infidèles disent incorrectement de Lui. La même idée se retrouve dans ces versets : "C'est cela la pleine certitude. Glorifie donc le nom de ton Seigneur, le Très-Grand". (S.56, 95 et 96). Donc, il ne peut y avoir une prière, une invocation et une évocation sans que Son nom ne soit mentionné. C'est pourquoi , il n'y a aucune différence entre le verset cité ci-dessus et celui-ci : "Célèbre la gloire de ton Seigneur quand tu te lèves. Glorifie-Le une partie de la nuit et au déclin des étoiles . " (S.52, 48 et 49) Tout l'univers glorifie Dieu et reconnaît Sa grandeur et Sa puissance. "Les sept cieux et la terre et ceux qui s'y trouvent célèbrent Sa gloire. Et il n'existe rien qui ne célèbre Sa gloire et Ses louanges. Mais vous ne comprenez pas leur façon de Le glorifier. Certes, c'est Lui qui est Indulgent et Pardonneur". (S.17, 44) 2 - Celui qui a créé [ toutes les créatures, mâles et femelles ] et agencé harmonieusement, [ de sorte que tous les membres du corps correspondent harmonieusement les uns aux autres et sont proportionnels ] - 3 - qui a décrété (qaddara) [ ce qu'Il veut ] et guidé ( hadâ) [ vers le bien ] , Dieu a créé, d'une manière parfaite, toutes les créatures : les humains, les anges, les bestiaux, les plantes … L'harmonie de cette création et sa perfection attestent que cela provient nécessairement d'un Sage, un Omniscient, Clairvoyant et Capable de tout faire. "Voilà la création d'Allah. Montrez-Moi donc ce qu'ont créé, ceux qui sont en dehors de Lui. Mais les injustes sont dans un égarement évident". (S.31, 11) Le verset trois est expliqué par cette parole de Moïse à Pharaon : " Notre Seigneur est Celui qui a donné à chaque chose sa propre nature puis l'a dirigée". (S. 20, 50) Qaddara exprime la composition des parties du corps de manière à donner à chacune d'elles la fonction qui lui revient. Quant à hadâ , ce terme exprime la création d'une faculté propre à chacune de ces parties, de sorte qu'elle soit à même de servir ce pour quoi elle a été créée. C'est Lui qui a créé ce qui les particularise et les avantage. L'entendement humain ne peut que s'émerveiller devant tant de beauté et de splendeur. Dieu a guidé l'homme de sorte qu'il profite sainement des dons et des bienfaits qu'Il lui offre. Il a guidé les animaux de sorte qu'ils savent se diriger vers leur refuge. Il a organisé les cieux et les astres. Il a ordonné la terre avec ce qu'elle contient dans son sous-sol et sur son sol. Ainsi, Dieu a assigné à chaque créature sa fonction et son rôle, sa méthode et son but. Toute la création est au service de l'être humain jusqu'à sa mort et, dès lors, il sera guidé vers son Créateur. En méditant les particularités des plantes et des minerais, les avantages que nous en tirons, la guidance de l'homme de manière à ce qu'il puisse extraire des premières les médicaments nécessaires à sa santé, et des seconds la matière à même de fabriquer des ustensiles de cuisine, voire des armes et des avions, nous connaîtrons alors la Sagesse du Très-Haut. Si ce n'était donc la guidance divine, nous ne serions que des goinfres insatiables vivant dans les ténèbres, comme l'ensemble des bêtes domestiques ou sauvages. 4 - qui a fait pousser le pâturage [ les herbes ] , - 5 - et en a fait ensuite [ après été vert ] un foin [ sec et ] sombre . C'est Dieu qui a créé les pâturages dans lesquels paissent les animaux. Les herbes sont d'abord vertes et fraîches et ensuite elles deviennent fanées, sèches et sombres. C'est de l'excellente nourriture pour le bétail. C'est dire que Dieu, de par Sa sagesse, a tout prévu. Les plantes sont d'abord vivantes, se fanent ensuite et tombent ; ceci montre que chaque être vivant a nécessairement une fin. Il en est ainsi de la vie de l'homme sur la surface de la terre. Il est appelé à se dessécher et à mourir. Il en est ainsi de tout ce qui se trouve dans l'univers : tout est appelé à disparaître comme ces plantes. Ainsi, Dieu se décrit par trois attributs de la perfection : - Il est le Créateur de tout ce qui existe dans les cieux et sur la terre. - Il a créé l'homme de manière que tout, en lui, soit proportionnel. - Il a créé l'homme dans la meilleure des formes. Son Essence, c'est le Nom du Très-Haut. Purifie -Le donc de toutes les appellations humaines en dehors de Ses attributs. Coupe les regards de tout ce qui n'est pas Lui afin qu'apparaisse l'ensemble de Ses véritables perfections. C'est Lui qui a créé l'aspect extérieur et l'aspect intérieur de l'homme. Il a formé son corps de sorte à recevoir ce qui est matériel en lui et ce qui est spirituel. Il l'a conçu de manière que ses organes soient équilibrés parfaitement. Il l'a guidé pour qu'il puisse expurger ses actes de ce qui est interdit. Il lui a embelli la vie de ce monde en lui confiant ses avantages, en nourriture et en boisson, bien que ceux-ci relèvent du domaine de l'âme animale et soient destinés aux facultés inhérentes au bétail. Que l'homme n'accorde pas d'importance à ces sombres facultés parce qu'elles l'empêchent de glorifier son Seigneur et le voilent de la Vérité ! Il l'a conçu aussi pour que son anéantissement de la terre soit rapide. Aussi doit-il regarder devant lui, vers ce qui est durable et, partant , agir en conséquence. Dieu, Garant de la préservation du Coran Après ce merveilleux aperçu du monde humain et du monde végétal, les versets suivants tranquillisent le Prophète - Que la prière et le salut soient sur lui - qui craignait de perdre ou d'oublier quelque chose de la révélation. En effet l'Envoyé de Dieu - Que la prière et le salut soient sur lui - s'efforçait de retenir la révélation en répétant au fur et à mesure les versets descendus sur lui. Dieu l'assure que le Coran restera gravé dans son cœur. 6 - [ Ô Muhammad ! ] Nous te ferons réciter [ apprendre le Coran par l'intermédiaire de Gabriel ] , de sorte que tu n'oublieras pas [ ce que tu lis ] - 7 - que ce qu'Allah veut [ abroger ] . Car Il connaît ce qui paraît au grand jour ainsi que ce qui est caché [ qu'il s'agisse des paroles ou des actes ] . - 8 - Nous te mettrons sur la voie la plus facile [ Nous faciliterons ta mission quant à la communication de la sharî'a qui est l'Islam ] . Ô Muhammad ! Nous te ferons réciter le glorieux Coran, tu l'apprendras et tu le retiendras. Cependant, ce que Dieu voudra abroger, tu l'oublieras. Mais il n'oubliera rien de ce que Gabriel lui révèle. C'est un miracle, dit Râzî, pour quelqu'un qui ne sait ni lire ni écrire, de retenir ce que lui récitait Gabriel une seule fois seulement. Il n'avait pas besoin d'étudier le Coran et de le répéter souvent pour le mémoriser, même lorsque les sourates étaient longues. C'est aussi une preuve que la prophétie est une réalité indéniable. Dieu lui dit : "Ne remue pas ta langue pour hâter sa récitation. Son rassemblement (dans ton cœur et sa fixation dans ta mémoire) Nous incombe, ainsi que la façon de le réciter". (S.75, 16 et 17). Il n'en reste pas moins, ainsi que l'indique az-Zujjâj , que le Prophète - Que la prière et le salut soient sur lui - peut oublier momentanément un verset et ensuite s'en souvenir. C'est dire que son oubli ne peut pas être définitif. Bukhârî rapporte ce témoignage de 'Aïsha : Le Prophète - Que la prière et le salut soient sur lui - a dit : "Que Dieu ait en Sa miséricorde Untel car il m'a rappelé tel et tel verset que j'avais oublié". Il a dit également selon Ibn Mas'ûd et rapporté par Bukhârî et Muslim : "Je suis un être humain comme vous. J'oublie comme vous , vous oubliez. S'il m'arrive d'oublier, rappelez-moi . " Donc, en règle générale, le Prophète ne peut, en aucun cas, oublier définitivement ce qui lui a été révélé. D'ailleurs, al-Farrâ, cité par Râzî, précise que Dieu informe Son Envoyé qu'Il est Capable de lui faire oublier un verset mais Il ne le fera pas. Il veut lui prouver que l'oubli relève aussi de Sa volonté. C'est la clarification donnée par ce verset : "Si Nous voulons, Nous pouvons certes faire disparaître ce que Nous t'avons révélé ; et tu ne trouverais par la suite aucun défenseur contre Nous". (S.17, 86) Après avoir assuré le Prophète - Que la prière et le salut soient sur lui - qu'il retiendra le Coran, Dieu l'informe qu'Il fera de ce Livre une sharî'a et une religion faciles. C'est dire que l'Islam ne peut être contraignant. C'est ce que précise ce verset : "Allah veut pour vous la facilité. Il ne veut pas la difficulté pour vous". (S.2, 185) L'exhortation est destinée à celui auquel le Rappel sera utile 9 - Rappelle [ exhorte donc par Dieu et par le Coran ceux pour lesquels ] le Rappel doit être utile [ à savoir les croyants ] . - 10 - Quiconque craint [ Allah ] [ en l'occurrence le Musulman ] s'en rappellera [ et s'exhortera par Dieu et par le Coran ] , - 11 - et s'en écartera [ par insouciance, négligence ou délibérément ] le grand malheureux [ le mécréant qui ignore la Science de Dieu ] , - 12 - qui brûlera dans le plus grand Feu [ celui de la vie dernière ] , - 13 - où il ne mourra ni ne vivra [ il n'aura ni repos ni vie tranquille ] . Ô Muhammad ! Rappelle, par ce Coran, celles des créatures qui profiteront se ces exhortations, de ses recommandations et de ses prescriptions. Tu n'as pas à te fatiguer pour t'efforcer à retenir ses versets car Nous les avons fixés dans ton cœur. Sache que ceux qui craignent Dieu et Son châtiment en profiteront. "Et rappelle car le Rappel profite aux croyants". (S.51, 55) Par contre ceux qui refuseront ce Rappel, s'en éloigneront et ils n'en tireront aucun avantage. Ce sont des mécréants, des insensés. Ils entreront en Enfer et brûleront dans le grand Feu, car celui de ce monde est appelé "le petit feu", selon l'expression de Hasan al-Basrî. Dans cet Enfer, ils ne mourront pas parce que la mort est un repos et ils ne vivront pas parce qu'ils ne connaîtront pas de répit. "Et ceux qui ont mécru auront le f eu de l'Enfer : on ne les achèvera pas pour qu'ils meurent ; on ne leur allège rien de leurs tourments. C'est ainsi que Nous récompensons tout négateur obstiné". (S.35, 36) Les hommes, par rapport au Coran et à la mission du Prophète - Que la prière et le salut soient sur lui - , se divisent en trois catégories : 1 - Ceux qui en reconnaissent, avec certitude, l'authenticité. Ni les hésitations, ni les doutes ne les effleurent : ce sont les croyants parfaits qui craignent Dieu. 2 - Ceux qui hésitent parce qu'ils veulent détenir des preuves convaincantes à leur sujet. C'est dans ce cas qu'ils acceptent d'adhérer à la religion de Dieu. Leur nombre est, néanmoins, inférieure à celui des membres de la première catégorie. 3 - Ceux dont les cœurs sont fermés au rappel. Leurs organes n'acceptent pas la prédication. C'est la catégorie la plus mauvaise dès lors qu'elle s'éloigne du bien. Il est toujours utile de rappeler Dieu aux gens et de les exhorter de se conformer aux prescriptions contenues dans le Coran, que ce Rappel leur profite ou non. En définitive, il ne profitera qu'aux croyants. Hasan al-Basrî a dit : " Le Dhikr est un Rappel pour les croyants et un argument contre les mécréants". Ô Muhammad ! Nous te ferons lire dans le Livre de tes dispositions, à savoir la Raison coranique , laquelle regroupe toutes les réalités. Tu n'oublieras rien, exception faite de ce qu'Il voudra te faire oublier mais Il ne le fera pas. C'est qu'il connaît ce qu'il y a en toi en perfection. Nous te faciliterons la sharî'a qui constitue le plus aisé chemin vers Dieu. Nous te fortifierons des connaissances scientifiques et pratiques : ce sera l'extrême sagesse et le parfait pouvoir. Il t'appartient de parfaire les créatures par la prédication si elles l'acceptent et sont prêt e s à recevoir le Rappel. C'est que celui-ci, bien qu'il s'adresse à toute l'humanité, ne profitera pas à tous les hommes. Son acceptation implique une disposition à l'introduire dans le cœur. C'est pourquoi n'agréera le Rappel que l'homme au cœur tendre, sain et dont la nature originelle n'a pas été infectée par les vices de la vie. Par contre, celui à qui un voile couvre le cœur et un bandeau cache les regards, n'a aucune disposition pour se conformer à la Raison coranique. Il sera jeté dans le Feu qui s'érigera en voile de l'associationnisme et n'aura pas le privilège de la vision du Seigneur. Ce sera le Feu de la colère et de la malédiction à cause de la perfidie de ses actes. 14 - Réussit, certes, [ connaîtra le salut ] celui qui se purifie [ par le Coran et par la foi en Dieu ] , - 15 - et se rappelle le nom de son Seigneur [ en Le glorifiant ] , puis célèbre les [ cinq ] prières. - 16 - Mais vous préférez [ les actes et la récompense de ] la vie présente [ plutôt que l'excellente rétribution de la vie dernière ] , - 17 - alors que [ la récompense de ] l'au-delà [ le Paradis ] est meilleur e et plus durable. Ainsi, les insensés qui désobéissent au Miséricordieux sont condamnés à vivre éternellement en Enfer. Il n'en est pas de même de ceux qui craignent leur Seigneur, purifient leurs âmes des souillures, se remémorent le nom de Dieu et tous Ses attributs, accomplissent leurs cinq prières de la journée et s'acquittent même des prières surérogatoires. Ils sont assurés du salut et de vivre dans les Jardins du Paradis. "Les vrais croyants sont ceux dont les cœurs frémissent quand on mentionne Allah. Et quand Ses versets leur sont récités, cela fait augmenter leur foi. Et ils placent leur confiance en leur Seigneur". ( S.8, 2) Il est à préciser que l'expression fa s allât veut dire ici : celui qui craint parce qu'il ne faut pas oublier que cette sourate mecquoise a été révélée avant la prescription des cinq prières légales, celles-ci ayant été ordonnées à la suite de l'ascension du Prophète - Que la prière et le salut soient sur lui - au ciel. Il n'en reste pas moins qu'en traduisant par "prière", cela n'est pas faux car le principe de s'acquitter de l'office a été institué dès le début de la prédication. Il y a des gens qui préfèrent savourer les plaisirs concrets et immédiats de ce monde. A cet effet, ils œuvrent inlassablement pour les acquérir sans se soucier de leur légitimité et sans songer un instant qu'ils rencontreront tôt ou tard leur Seigneur. "Ceux qui n'espèrent pas Notre rencontre, qui sont satisfaits de la vie présente et s 'y sentent en sécurité, et ceux qui sont inattentifs à Nos signes, leur refuge sera le Feu, pour ce qu'ils acquéraient". (S.10, 7 et 8) Le Prophète - Que la prière et le salut soient sur lui - a dit : "Celui qui aime son monde nuit à sa vie dernière et celui qui aime sa vie dernière lèse son monde. Préférez ce qui dure à ce qui s'anéantit". Des pieux 'ulama ont dit : Dieu a créé à l'homme un visage pour se prosterner, des yeux pour regarder et s'instruire, un corps pour travailler, un cœur pour acquérir le savoir et des sentiments pour aimer. Aussi, rappelons le bienfait de Dieu du moment qu'Il a embelli notre parole en nous faisant prononcer la shahâda (la profession de foi) et en nous donnant des corps qui nous servent à effectuer nos pratiques cultuelles. La Miséricorde de Dieu descend sur l'orant aussi longtemps qu'il est en prière tandis que les anges le couvrent de leurs ailes. Celui qui prie, parle directement à Dieu. Chaque fois qu'il dit : : "Ô Seigneur !" Dieu répond : "Me voilà, ô Mon serviteur !". Si l'orant prenait conscience d' avec qui il s'entretient intimement, il ne s'arrêterait certainement pas de prier. 18 - Ceci [ l'annonce de cette réussite ] se trouve, certes, dans les Feuilles anciennes [ révélées avant le Coran ] , - 19 - les Feuilles d'Abraham [ dix feuillets ] et de Moïse [ la Torah ] . Ô vous les gens ! vous privilégiez cette vie éphémère sur celle de la vie dernière qui, elle, est éternelle. C'est ainsi que vous vous occupez des affaires de ce monde sans vous soucier de celles qui vous préparent à rencontrer votre Seigneur. Les uns amassent des biens pour satisfaire leurs plaisirs terrestres et les autres recherchent la gloire et les honneurs. Les uns consomment les choses illicites et les autres se montrent injustes à l'égard de leurs semblables…Tous ces gens oublient complètement que la mort les attend et que dans l'autre vie, ils doivent rendre des comptes d e leur comportement ici-bas. Ibn Mas'ûd a dit un jour à ses compagnons : "Savez-vous pourquoi nous préférons la vie de ce monde plutôt que la vie dernière ? … . C'est parce que la première est présente ; elle nous offre immédiatement ses nourritures, ses boissons, ses femmes, ses plaisirs et sa beauté, tandis que la vie dernière est absente à nos yeux et se cache. Aussi, avons-nous aimé l'urgent et avons-nous délaissé ce qui viendra plus tard". Pourtant, les exhortations du Coran existaient déjà dans les Livres précédents. L'un a été descendu sur Abraham et l'autre sur Moïse. Certes, c'est le même sens qui existait et non pas dans les mêmes termes. Si ce ne sont que les Livres d'Abraham et de Moïse qui ont été cités, c'est parce qu'ils étaient les plus connus par les Arabes du temps de l'Envoyé de Dieu - Que la prière et le salut soient sur lui -. Ce verset est semblable à ceux-ci : "Ce (Coran), c'est le Seigneur de l'univers qui l'a fait descendre, et l'Esprit fidèle est descendu avec cela sur ton cœur pour que tu sois du nombre des avertisseurs, en une langue arabe très claire. Et ceci était déjà mentionné dans les Ecrits des anciens (envoyés) " (S.26, 196) et "Il vous a légifère en matière de religion, ce qu'Il avait enjoint à Noé, ce que Nous t'avons révélé, ainsi que ce que Nous avons enjoint à Abraham, à Moïse et à Jésus". (S.42, 13) Le Prophète - que la prière et le salut soient sur lui - a dit que Dieu a révélé "cent quatre Livres : dix feuillets à Adam, cinquante à Shayth, trente à Idrîs, dix à Abraham, dix à Moïse puis la Torah, l'Evangile et les Psaumes". Quant à Abraham, Hamza Boubakeur écrit : "Sur ces mêmes rouleaux, Ibn an-Nadîm nous fournit quelques précieux mais trop brefs renseignements. Selon les informations qu'il avait reçue à leur sujet, ils constituaient un livre (kitâb) comprenant dix chapitres qui fut transposé en langue arabe, parmi les ouvrages anciens écrits en grec, en hébreu, en syriaque, en sabéen, dont le calife al-Ma'mûn (mort en 288/833) avait ordonné la traduction. La perte de ces rouleaux est préjudiciable, certes, pour l'histoire mais sur le plan de la doctrine monothéiste, elle est toute relative. La révélation divine étant identique à elle-même, elle se retrouve dans la Thora, l'Evangile et le Coran, en dépit des divergences qui les séparent, puisqu'ils reconnaissent l'unicité et les attributs de Dieu, professent la même morale et annoncent la vie future. Et c'est essentiel". Toutes les législations divines ont, en effet, les mêmes fondements religieux et moraux. Elles orientent vers le culte pur de Dieu. Elles ont en commun, à titre d'exemple : - L'obligation de purifier son âme et d'y expurger les germes de l'associationnisme, de l'impiété et de toutes les vilenies, - L'obligation de se rappeler constamment de Dieu, - Accomplir les prières légales aux moments prévus pour leur pratique, - La nécessité de préparer la vie dernière en préférant la récompense de cette dernière sur les plaisirs de ce monde éphémère. Le Prophète - que la prière et le salut soient sur lui - n'a donc été envoyé que pour rappeler ce que les anciennes générations ont oublié ou falsifié. Il s'agit, par conséquent, de corriger, de rectifier non sans apporter un complément et un enrichissement de la religion. Abû Dharr interrogea une fois le Prophète - que la prière et le salut soient sur lui - : " Qu'est-ce que les Feuilles de Moïse ?" Il répondit : " Toutes contiennent des enseignements". Il continua : "Je m'étonne de ceux qui, certains de mourir, continuent à être joyeux. Je m'étonne de ceux qui, certains de l'Enfer, continuent à rire. Je m'étonne de ceux qui, voyant les bouleversements qui seront opérés dans l'univers, gardent encore leur calme. Je m'étonne enfin de ceux qui, certains d'être jugés, n'accomplissent pas de bonnes œuvres !". Celui qui sera jeté dans le Feu ne mourra pas parce qu'il profitera de son anéantissement. Il ne vivra pas non plus, sans quoi il profitera de ses facultés spirituelles. C'est dire qu'il brûlera éternellement au point de souhaiter la mort. Chaque fois que la Fournaise le fera périr, Dieu le fera revivre. Ainsi, il ne connaîtra ni la mort absolue ni la vie absolue parce qu'en oubliant le nom de Dieu, il a, par la même occasion, oublié de purifier son âme. Réussira celui qui aura purifié les attributs de son âme et éteint les ténèbres de son corps. C'est celui qui mentionnera le nom de Son créateur et de Son éducateur, celui qui interrogera son Seigneur à la manière du savant et non de l'ignorant, du guidé et non de l'égaré. C'est celui qui accomplira sa prière et adorera son Créateur qui est cette Réalité apparue dans Son nom particulier et par lequel elle se fera connaître. Mais voilà ! Vous êtes insouciants. Vous vous voilez de la mention du nom de Dieu. Vous ne priez pas le Seigneur de la vie sensible. Vous préférez plutôt jouir de ses distractions plutôt que de vous consacrer à la véritable vie par l'amour de Dieu, étant la meilleure parce qu'elle est durable. Vous êtes de ceux qui ont oublié ou falsifié les Ecrits anciens alors que l'original se trouve, auprès de Dieu, dans les tables lumineuses dont les prophètes ont pris connaissance. Mais Dieu est Seul Connaissant de toute chose. Les thèmes traités par cette sourate sont : 1 - La glorification du nom de Dieu. 2 - La création de l'homme et des plantes. 3 - Dieu est Garant de la préservation du Coran. 4 - La religion de Dieu a été facilitée. 5 - Des gens donnent leur préférence au monde présent et oublient la vie dernière. 6 - Le Coran est un Rappel des fondements des Livres précédents. La création du monde Les sourates commentées dans ce livre tournent autour de deux questions fondamentales : la résurrection et la création de l'univers. Il est donc utile de fournir au lecteur des observations scientifiques à ce sujet. L'objet de ces sourates consiste à attester de l'Unicité de Dieu, de Sa Toute-Puissance et de Sa volonté créatrice. La sourate Sabbih s'ouvre par la mention de quelques créations divines. Celles-ci s'incluent dans le vaste mouvement de la création de tout l'univers. Après avoir emprunté à Hassaïn-Qaqadji Abdelkader un long extrait de son livre "Pour une lecture universelle du Coran" pour expliquer la fin de ce monde, nous exposerons maintenant la vision de sa création suivant la théorie coranique, relayée par des soufis. "Voyons comment le Coran conçoit la création de l'univers. Chez les mystiques musulmans, le monde est une idée de Dieu réalisée par le verbe "Koun". "S'il en est ainsi, disent les mystiques, tout être cache une pensée divine". Pour eux, le monde est un livre immense écrit de la main même de Dieu, un livre où chaque être est un mot plein de sens. C'est ainsi qu'il faut comprendre le sens du verset 109 de la sourate 18 et le verset 26 de la sourate 31. On y lit : "Dis ! Si la mer se changeait en encre pour écrire les paroles de Dieu, la mer faillirait avant les paroles de Dieu quand même une autre mer pareille serait employée". De même l'autre verset : "Quand tous les arbres qui sont sur la terre deviendraient des plumes, quand Dieu formerait des sept mers un océan d'encre, les paroles de Dieu ne seraient point épuisées ;Il est Puissant et Sage". Une autre question, non moins importante, élucidée par la physique moderne, avait déjà été évoquée par le Coran au verset 115 de la sourate 2 : "A Dieu l'orient et l'occident, et où que vous vous tourniez, là est la Face de Dieu". Le problème soulevé ici est celui du vide classique. La physique moderne a validé en quelque sorte l'idée d'Aristote pour qui le vide n'existait dans aucune région de l'espace. Quand bien même on retirerait toute la matière d'une partie de l'espace, le vide qui en résulterait ne serait pas synonyme de "rien"… Le verset ci-dessus veut dire qu'il n'y a pas de vide, que tout est plein. Les mystiques, comme Ibn Arabi, considèrent le monde comme l'ombre d'une réalité fondamentale. Aucune région de cette ombre n'est vide. En un mot, le vide qui est en réalité une plénitude n'a rien à voir avec le néant illimité de particules qui naissent et disparaissent sans fin. Au verset 35 de la sourate 24, intitulée "La lumière", il est dit : "Dieu est la lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à un tabernacle où se trouve une lampe ; la lampe est dans un verre ; le verre est comme un astre brillant ; elle est allumée grâce à un arbre béni, un olivier qui n'est ni d'orient ni d'occident, dont l'huile éclairerait, ou peu s'en faut, même si nul feu ne la touchait, lumière sur lumière. Dieu guide vers la lumière ceux qu'Il veut. Allah propose des paraboles aux hommes. Et Dieu est, de toute chose, savant". Bien évidemment, le Coran, en tant que livre religieux, ne nous donne pas d'explication détaillée sur la formation de l'univers, à la manière d'un ouvrage scientifique ; il utilise plutôt la forme symbolique. Dans le verset ci-dessus, par exemple, l'énergie combustible que contenait l'espace après l'explosion est symbolisée par l'huile, de même que la fusion nucléaire des particules, qui ont engendré les premières étoiles, s'est opérée sans l'intervention d'aucun feu. L'olivier, cet oléifère, dont l'huile est d'excellente qualité, symbolise la "materia prima", en arabe "al-hawâ", c'est-à-dire quelque chose qui n'a pas d'existence propre et ne peut être saisie qu'à travers ses effets ; elle est l'équivalent, en physique moderne, des champs dont on ne perçoit que les interactions. Elle peut être envisagée selon différents points de vue ; en regard de sa nature, elle est purement principielle, et sous ce rapport, elle échappe à la cosmologie. C'est pourquoi il est dit dans le verset que cet olivier n'est ni oriental, ni occidental. Quant au cristal, dont il est question dans ce verset, il symbolise l'espace que le mélange de combustible rendait opaque et qui est devenu, par l'effet de l'expansion qui avait diffusé la fumée, aussi transparent qu'un cristal, si bien qu'il se laissait traverser de part en part par la lumière des différents corps célestes… Le Coran nous apprend que la création du monde s'est déroulée en six longues périodes de temps. On lit au verset 30 de la sourate 21 : "Les impies n'ont-ils pas vu que les cieux et la terre étaient soudés, que Nous les avons séparés et que de l'eau Nous avons fait parvenir toute chose vivante ? Eh quoi ! Ne croient-ils donc point !" Et au verset 11 de la sourate 41 : "De plus, Il se tourna vers le ciel alors qu'il était fumé et Il lui dit ainsi qu'à la terre : "Venez de gré ou de force !" Et le ciel et la terre dirent : Nous venons obéissants". Il ressort de ce dernier verset que le ciel et la fumée ne sont pas présentés comme deux concepts distincts, tel un contenant et son contenu. C'est également ce que soutient la théorie de la relativité générale. D'autre part, le verset semble avoir la même conception que celle de la physique quantique quant à la naissance de l'univers, à savoir qu'il serait né d'une explosion, d'où l'emploi du mot "fumée" par le texte coranique… Or, cette idée était considérée autrefois dans les milieux scientifiques comme relevant de la mythologie. Ce n'est qu'à une date récente, grâce à certaines découvertes, comme celle du rayonnement cosmique, que les hommes de sciences contemporains ont acquis la conviction que l'univers était bel et bien né d'une gigantesque explosion. La cosmologie moderne nous apprend que l'univers était, immédiatement après le big-bang, une nébuleuse gazeuse. Les radiations d'énergie, qui s'y trouvaient concentrées, se manifestaient sous forme de radiations électromagnétiques de particules et d'antiparticules de toutes sortes, à très haute température… La fumée du verset évoque cette situation initiale. Elle est en effet un ensemble de produits gazeux et de particules extrêmement ternes qui se dégagent des corps en combustion. Le même verset dit que le ciel et la terre (mots employés par synecdoque pour désigner l'ensemble de l'univers), qui étaient initialement soudés, ont été, par la suite, séparés. La cosmologie confirme tout à fait cela. Elle nous apprend, en effet, que l'univers était homogène et uniforme au commencement, comme le démontre le rayonnement fossile qui baigne l'univers tout entier. Les galaxies se sont organisées et ont meublé les gigantesques vides de l'espace, si bien que l'univers a passé d'un état initialement informe à une variété infinie de formes. Les cosmologistes reconnaissent pourtant que leurs connaissances actuelles sur la formation des structures dans l'univers sont encore très sommaires. Ils ne savent pas encore dans quel ordre les événements se sont déroulés après le big-bang, ni si ce sont les plus grandes structures qui se sont fragmentées pour former les plus petites galaxies, ou, inversement, si ce sont les plus petites structures qui sont apparues les premières pour former ensuite des amas et des superamas selon un processus de regroupement gravitationnel hiérarchique… Voilà ce que le verset coranique demande aux hommes d'observer dans l'univers : "Votre véritable Seigneur - est-il écrit au verset 54 de la sourate 7 -, c'est Dieu, Celui qui a créé les cieux et la terre en six jours et proclamé Sa souveraineté du haut de Son Trône. C'est Lui qui a engendré l'alternance du jour et de la nuit. C'est Lui qui a soumis à Ses lois, le soleil, la lune et les étoiles. N'est-ce pas à Lui seul qu'appartient le pouvoir de créer et de gouverner toutes choses ! Béni soit Dieu, le Maître de l'univers". Au verset 15 de la sourate 40, il est dit: "Celui qui élève les degrés, le possesseur du Trône". Il y a une relation entre les deux versets : tous deux nous donnent de l'univers l'image d'un édifice qui s'est progressivement construit par étapes successives, orientées vers une perfection toujours plus grande. Les connaissances actuelles, tant dans le domaine astrophysique et physique que dans celui de la biologie, donnent la même image de l'univers, celle d'une progression ascendante et continue qui s'est effectuée dans une suite logique, parfois contrariée bien sûr, mais néanmoins toujours reprise pour aboutir à une plus grande perfection… Dans ses ouvrages, notamment dans la Sagesse des Prophètes, Ibn Arabi nous donne de la création de l'univers une image analogue à celle de l'astrophysique et de la cosmologie. Au chapitre sur Adam, il écrit : "Dieu a d'abord créé le monde entier comme une chose amorphe et dépourvue de grâce et semblable à un miroir qui n'a pas encore été poli". Dans ses notes explicatives, le commentateur précise qu'Ibn Arabi faisait allusion au chaos primordial où les possibilités de manifestation, encore virtuelles, se confondaient dans l'indifférence de leur matéria. |
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