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Sourate 2 al-Baquara
(V242-245)
Étude
et exégèse de la deuxième sourate
Tahar
Gaïd
Le
courage et les dépenses dans le chemin de Dieu motivent la vie
1 - La peur de la mort :
243 - N'as-tu pas vu [n'as-tu pas eu connaissance avec ton cœur ô Muhammad !]
ceux qui, craignant la mort, quittèrent leurs maisons ? Ils étaient des
milliers . Puis Dieu leur dit : "Moure !" [et les fuyards moururent
effectivement]. Après quoi Il les rendit à la vie [huit jours plus tard à la
suite de l'invocation faite à Dieu par leur prophète Zakariâ (Ezéchiel)].
Certes ; Dieu est plein de faveur envers ces gens [qu'il ressuscita], mais la
plupart des gens [en l'occurrence les mécréants] ne sont pas reconnaissants.
-
Dieu fit abattre sur quatre mille fils d'Israël la peste pour les éprouver.
Riches et pauvres, puissants et humbles fuirent leurs demeures, s'imaginant
ainsi échapper à la mort. D'autres souhaitaient cette mort que de subir cette
terrible épreuve. Dieu dit à Zakariâ (Ezéchiel) : "Quel repos
trouveront-ils dans la mort ? Pensent-ils que Je ne suis pas Capable de les
ressusciter après la mort ?"
Leur prophète implora Dieu de les faire revivre afin que, reconnaissants, ils
puissent Lui vouer le culte qu'Il mérite. Le Seigneur inspira à Zakariâ (Ezéchiel)
d'aller vers le cimetière où se trouvaient dispersés dans des tombes les
corps des fuyards. Le prophète, suivant les indications de Dieu, cria :
"Ô ossements ! Dieu vous ordonne de vous rassembler". C'est ce qui se
produisit. Il appela une seconde fois : "Ô ossements ! Dieu vous ordonne
de vous vêtir de chair". Leurs corps prirent alors leurs formes initiales.
Il appela une troisième fois : "Ô âmes ! Dieu vous ordonne de retourner
dans vos corps" ce fut ainsi que les quatre mille personnes revinrent à la
vie. Il s'ensuit, comme le dit Ibn Kathîr qu'il est vain de vouloir échapper
à son sort, car il n'y a pas d'autres refuges que celui du Tout-Puissant.
2 - Le sacrifice de la vie :
Le rappel de cet événement à pour objet d'inciter les croyants à ne pas fuir
le combat dans le sentier de Dieu, d'où le verset ci-après :
244 - Combatte dans le sentier de Dieu [dans le but de placer Sa religion
au-dessus de tout]. Et sache que Dieu entend [vos paroles] et connaît [l'état
de vos âmes].
-
Ô croyants ! Combattez les ennemis de Dieu pour faire triompher Sa religion et
non pas pour exaucer des ambitions personnelles. Agissez pour satisfaire votre
Créateur. De la même manière que la fuite n'arrête pas le destin des hommes,
le jihâd ne recule ni n'avance l'heure du trépas. C'est Dieu qui détient la
vie et la mort de Ses créatures. Ne redoutez donc pas la mort comme l'ont fait
les fils d'Israël devant la peste. C'est dire que cela ne sert à rien de fuir
le combat du moment que la mort vous frappera quand Dieu le voudra.
3 - Le soutien matériel :
245 - Celui qui prête à Dieu [c'est-à-dire : prend de ses biens et les
dépenses pour servir la Cause de Dieu], [et qui fait] un bon prêt [du fond du
cœur et sans arrière pensée] [Dieu] le lui rendra au centuple [entre 10 et
700 fois plus]. Dieu retient [réduit, à titre d'épreuve, les biens de qui Il
veut] ou étale [accroît les biens de qui Il veut]. C'est à Lui que vous
retournerez [le Jour de la résurrection et Il récompensera vos œuvres.].
-
Que celui qui, parce qu'il ne peut pas participer au combat, dépense une partie
de son avoir au profit du faible et du pauvre qui veulent s'associer à la
lutte.
Ces deux versets introduisent ce qui va suivre. Ils définissent deux
possibilités de participer au combat sur le chemin de Dieu : l'engagement
direct, avec son corps et son âme, et le soutien matériel à ceux qui
combattent. Ce sont deux efforts extérieurs mais leur validité repose sur
l'intention intérieure. Cette dernière est d'ailleurs la disposition
nécessaire, forgée par la détermination de servir la Cause de Dieu, qui
suscite la volonté physique ou matérielle de l'engagement. Sans que la
participation financière perde sa dimension spirituelle, il n'en reste pas
moins que la plénitude du sacrifice est atteinte lorsque le Musulman, à la
fois aisé et de condition physique saine, s'astreint aux deux modalités à la
fois, à savoir l'engagement physique et l'engagement matériel.
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