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Sourate 2 al-Baquara
(V253-254)
Étude
et exégèse de la deuxième sourate
Tahar
Gaïd
La
relation de Dieu avec Ses envoyés et Ses créatures humaines
1 - Les faveurs accordées par Dieu à Ses envoyés :
253 - A ces messagers, Nous avons accordé des prérogatives (faddal-nâ)
différentes des uns et des autres [sans pour autant faire une distinction entre
eux]. [Ainsi], Dieu parla [sans intermédiaire] à certains [comme
Moïse]. Il
en a élevé d'autres en degrés par rapport à d'autres [comme Abraham, le
père des croyants et Muhammad, en ce sens que la teneur de sa mission englobe
toutes les autres et qu'il est, de ce fait, le dernier des prophètes]. A
Jésus, fils de Marie, Nous avons soutenu [sa mission] par des épreuves, et
l'avons fortifié par l'Esprit de sainteté [Gabriel qui le suivait partout où
il allait.]
-
Le terme employé dans le verset est faddala qui signifie "préférer
". Il ne s'agit pas d'une préférence d'un prophète par rap-port à un
autre. Il est question plutôt d'une hiérarchie dans les modes d'attributions
accordées aux uns et aux autres. Ainsi, Moïse a été, entre autres, chargé
de mener son peuple à travers le désert pendant quarante ans. Dieu fit d'un
simple berger, David, un roi et un prophète. A Jésus, Il lui a conféré le
pourvoir de guérir l'aveugle et le paralytique et même de ressusciter un mort.
Quant au Sceau des envoyés, Dieu l'a placé à un degré supérieur par rapport
à tous les prophètes puisqu'Il a reçu des faveurs que ces devanciers n'ont
pas eues, à savoir :
*Il a été envoyé à toute l'humanité jusqu'à la fin des temps, sans
distinction de langue.
* Il a réuni en lui le pouvoir de s'imposer aux ennemis de Dieu aussi bien par
la persuasion que par la force des armes.
* Il lui a rendu possible d'instaurer la pratique de la prière non seulement
dans des lieux bien déterminés mais de disposer de toute la terre en guise
d'oratoire.
* Il a été autorisé de tirer profit des butins de guerre alors que le butin
n'a pas été licite aux autres prophètes.
* Il lui a été donné la faculté d'intercéder auprès de Dieu (al-shafâ'a)en
faveur de ceux de sa communauté.
2 - La division des hommes :
253 (suite) - Si Dieu avait voulu [Il aurait guidé tous les hommes]. [Dès
lors], ceux qui vinrent après [les prophètes et leurs peuples] ne se seraient
pas entre-tués, [et aucune divergence ne les aurait séparés et aucun
égarement n'aurait marqué leur existence], après que de telles preuves leur
furent parvenues. Mais ils se sont opposés. [C'est ainsi que] les uns crurent,
tandis d'autres ont dénié [comme les Chrétiens après Jésus]. Si Dieu avait
voulu, ils ne se seraient pas entre-tués. Mais Dieu fait ce qu'Il veut.
-
Dès lors que la mission des prophètes est identique à travers les âges, les
hommes auraient pu être unis et soudés par une même doctrine religieuse et un
même idéal social au sein d'une unique communauté à l'échelle universelle.
Dieu en a décidé autrement car Il connaît les tendances des humains à se
porter préjudice. Aussi, a-t-Il fait de sorte que Ses créatures se divisent
globalement en croyants et en mécréants.
Dépenses au service du bien et en prévision de la vie dernière
254 - Ô les croyants ! Dépense [en aumônes] de ce que Nous vous avons
attribué, avant que vienne le Jour [ce-lui de la résurrection] où il n'y aura
ni rançon, ni amitié, ni intercession. Ce sont ceux qui dénient [les
prescriptions divines] qui sont les injustes [du moment que leur comportement ne
cadre pas avec les Commandements de Dieu].
En disant "de ce que Nous vous avons attribué", Dieu insiste sur
l'aumône. Le Seigneur ne demande rien de plus à Ses serviteurs que d'être
charitables avec Ses biens dont Il leur a remis provisoirement la gestion. Il a
décrété que ceux qui ne font pas l'aumône, particulièrement l'aumône
purificatrice (la zakât) comptent au nombre des dénégateurs. "Malheur
aux associateurs * qui n'acquittent pas la zakât et ne croient pas à
l'Au-delà." (S.41, 6/7).
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