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Sourate
2 al-Baquara (V275-281)
Étude
et exégèse de la deuxième sourate
Tahar
Gaïd
Usure
et rapport avec le débiteur
Si les
aumônes sont retirées des biens acquis honnêtement et représentent des actes
de purification, il n'en est pas de même des biens obtenus au moyen de l'usure
: ils renferment en eux une impureté. Le Coran pose d'abord le principe de la condamnation
du taux usuraire et ensuite ordonne sa cessation, étant une transgression à la
Loi de Dieu. Par la même occasion, il traite de la manière de se comporter
avec le débiteur.
1 - Interdiction de l'usure :
275 - Ceux qui mangent [qui pratiquent] l'usure (ribâ)
ne se relèveront [de leurs tombes le Jour de la résurrection] que
comme se relève celui qui sera assommé [pris de folie] par le seul
toucher de Satan. Cela, parce qu'ils disent : "Le commerce s'assimile à
l'usure [quant à sa licité]". Alors que Dieu a rendu licite le
commerce et illicite le taux usuraire. Celui qui cesse [de pratiquer
l'usure] dès que lui parvient une exhortation de son Seigneur, peut garder
ce qu'il a acquis auparavant [avant l'interdiction de l'usure] ; et son
affaire [quant au pardon] dépend de Dieu. Mais quiconque récidive [et
confond donc le commerce et l'usure] alors les voilà les gens du Feu ! Ils y
demeureront éternellement.
-
Ribâ,
du verbe rabâ, veut dire être élevé ou être en sus. L'autre dérivé
arbâ signifie augmenter, accroître. C'est avec l'idée de proéminence que
la colline, étant haute par rapport à la surface de la terre, est appelée
rabwâ ou râbiya.
L'Islam condamne non seulement celui qui pratique l'usure mais également
celui qui en subit volontairement les conséquences ainsi que la personne
qui sert d'intermédiaire, de témoin ou de rédacteur de la transaction. Le
Prophète - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit : "Dieu
maudit celui qui pratique l'usure, celui qui en fait bénéficiée les
autres, celui qui l'enregistre et celui qui est témoin s'il le fait en
toute connaissance de cause."
276
- Dieu anéantit le gain usuraire [Il l'amoindrit et enlève en lui toute
forme de bénédiction]. [Par contre] Il accroît les aumônes [Il les
développe et multiplie la récompense appropriée]. Dieu n'aime pas tout
pécheur [pervers] obstiné dans le péché.
-
Le
Prophète - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit :
"L'usure, même s'il augmente apparemment, son augmentation mène, en
réalité, à l'amoindrissement". En d'autres termes, si c'est un moyen
effectif d'enrichissement, sa fructification conduit, en vérité, à la
perte de celui qui s'en nourrit. Par contre, Dieu augmente le mérite des
aumônes, c'est-à-dire qu'Il accroîtra la récompense des donateurs. Le
Prophète - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit : "Dieu
accepte les aumônes et les prend de Sa main droite, puis Il les fait
grandir pour chacun de vous de la même façon que l'un d'entre vous ferait
grandir son poulain, en sorte que la bouchée [donnée en aumône] devienne
semblable en importance à la montagne d'Uhud.".
277
- Ceux qui croient [tiennent pour véridique la parole de Dieu], ceux
qui font de bonnes œuvres, accomplissent la prière [aux heures indiquées]
et [purifient leurs biens] en s'acquittant de la zakât, ceux-là trouveront
la récompense [de leur foi et de leurs bonnes œuvres] auprès de leur
Seigneur. [Ce Jour-là], ils n'auront pas à craindre [le châtiment
de la vie dernière pour s'être nourris d'usure avant la révélation] et
ils ne seront point attristés [par ce qu'ils auront abandonné en ce
monde.]
-
Ce
verset conclut le contraste entre la largesse conséquente aux aumônes et
l'attachement aux richesses illégalement acquises. Les versets suivants
porteront sur la procédure à adopter lors des prêts à autrui.
Auparavant, le Coran indique que Dieu et Son Envoyé engageront une guerre
sans merci contre les usuriers.
2 -
Attitude à l'égard du débiteur :
278 - Ô vous qui croit ! Craigne Dieu et renonce à ce qui
reste de l'usure, si vous êtes croyants [véridiques dans votre foi.].
-
"On
rapporte, dit Tabari, que ce verset a été révélé à propos des gens qui
entrèrent en Islam tout en continuant à recevoir un solde de certaines
personnes avec lesquelles ils pratiquaient l'usure. Au moment de leur
entrée en Islam, ils avaient déjà reçu une partie des profits de cette
usure et il leur restait à prendre le solde. Dieu leur fait grâce pour ce
qu'ils perçurent avant la descente de ce verset et leur interdit de prendre
le reliquat."
279
- Si vous ne faites pas [ce qui vous est ordonné], alors
attendez-vous à une guerre de la part de Dieu et de Son Envoyé. Mais, si vous
vous repentez [et donc vous renoncez au reliquat de l'usure], vous
garderez vos capitaux. Ainsi, vous ne léserez personne [en n'augmentant pas
votre capital] et vous ne serez pas lésés [puisque votre capital vous
revient intégralement].
280
- Si [le débiteur] est dans la gêne, accordez-lui un délai jusqu'à
ce qu'il soit dans l'aisance [jusqu'au moment où il sera en mesure de vous
rembourser]. Mais si [vous renoncez à cette dette et vous en faites]
aumône [au débiteur], ce serait préférable pour vous ! Si vous saviez
! [Agissez donc de cette manière.].
-
Si
le débiteur, au terme fixé pour le remboursement de votre capital, n'est
pas en mesure de remplir ses obligations, accordez-lui alors un délai. Ne
faites pas ce qui se pratiquait auparavant, c'est-à-dire chaque fois que le
débiteur était dans la gêne, l'usurier augmentait son taux usuraire.
L'application de ce verset ne concerne, selon certaines opinions, que les
dettes contractées, au temps du Prophète - que Dieu lui accorde la grâce
et la paix -, avec usure. Selon d'autres avis, elle revêt une portée
générale : un délai doit être accordé à tout débiteur dans la gêne,
quelle que soit l'origine de sa dette. "Il en est ainsi, dit Dahhâk,
de toute dette qu'un Musulman doit s'acquitter. Il n'est pas licite qu'un
Musulman, qui doit rembourser une dette de la part d'un frère qu'il sait
dans la gêne, le fasse emprisonner ou exige de lui son dû avant que Dieu
ne l'ait mis à l'aise.". Il poursuit son explication : "Si vous
faites aumône, cela vaudrait mieux pour vous que d'accorder un délai
jusqu'à ce que votre débiteur soit à l'aise. Dieu - Puissant et
Majestueux - a préféré l'aumône au fait d'accorder un délai.".
281
- Craignez le Jour [de la résurrection] où vous serez ramenés vers
Dieu. Alors chaque âme sera rétribuée selon de ce qu'elle aura acquis [en
bien ou en mal]. Elles ne seront point lésées [du moment que leurs
bonnes œuvres ne seront pas diminuées et que leurs mauvaises œuvres ne seront
point augmentées.].
-
Si
l'Islam interdit l'usure, c'est parce que c'est la religion qui implique le
travail et l'effort. Il condamne les gains obtenus sans faire suer son
front. Il est la religion de la solidarité et de l'amitié. Or, le taux
usuraire entretient l'animosité, la rancœur et la haine.
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