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Sourate 2 al-Baquara
(V62-93)
Étude
et exégèse de la deuxième sourate
Tahar
Gaïd
Adresse
aux Fils d'Israël (2ième partie)
Chaque
croyance est à placer dans son contexte
Le verset suivant, dit le Pakistanais Yûsuf 'Ali, traducteur du Coran en
anglais, montre que l'Islam n'enseigne pas une doctrine exclusive, destinée à
un peuple particulier.
62
- Certes, ceux qui ont cru [(sincèrement en Moïse en son temps, en Jésus
à son époque et à tous les prophètes précédents]), ceux qui ont
pratiqué le judaïsme [(les Juifs]), les Nazaréens [(les
Chrétiens]) et les Sabéens, quiconque d'entre eux a cru en Dieu, au Jour
dernier [(au moment de la prophétie du Sceau des envoyés]) et a
accompli une bonne œuvre [(conforme à la sharî'a et à la Sunna]),
sera récompensé [(au Paradis]) par son Seigneur. Ils n'éprouveront ni
la crainte [(du Feu]) ni le regret [(de ce qu'ils auront laissé
derrière eux en ce monde.])
Il
ne convient pas, depuis l'avènement de l'Islam, de placer tous les pratiquants
des autres religions au même diapason que ceux qui se conforment à la doctrine
islamique. Les versets suivants pourraient expliquer le contraire :
*
Mais ils ne sont pas tous pareils. Il est parmi les Gens du Livre, une
communauté droite qui, aux heures de la nuit, (se remémore les signes de Dieu)
* récite les versets de Dieu en se prosternant. * Ils croient en Dieu et au
Jour dernier, ordonnent le convenable, interdisent le blâmable et concourent
aux bonnes œuvres. Ceux-là sont parmi les gens de bien. * Et quelque bien
qu'ils fassent, il ne leur sera pas dénié. Car Dieu connaît bien les pieux.
(S.3, 113 à 115)).
Il
est à noter que ces versets concernent les Gens du Livre qui ont embrassé
l'Islam. Dieu confirme qu'il ne sera pas tenu compte de leur déviation
antérieure puisqu'ils ont rejoint les rangs des Musulmans dès l'appel lancé
par le dernier des envoyés. Les versets qu'il faut plutôt prendre en
considération sont :
*
Dis : " Ô Gens du Livre, n'exagérez pas en votre religion, s'opposant à
la vérité. Ne suivez pas les passions des gens qui se sont égaré avant cela,
qui ont égaré beaucoup de monde et qui se sont égarés du chemin droit. *
Ceux des Fils d'Israël qui n'avaient pas cru ont été maudits par la bouche de
David et de Jésus, fils de Marie, parce qu'ils désobéissaient et
transgressaient. * Ils ne s'interdisaient pas les uns les autres ce qu'ils
faisaient de blâmable. Comme est mauvais, certes, ce qu'ils faisaient. (S.5,
77 à 79)
En conclusion, rappelons ce verset : "Quiconque désire une religion,
autre que l'Islam, ne sera point agréé, et il sera, dans l'Au-delà, parmi les
perdants." (S.3, 85).
Autres
crimes des Fils d'Israël
1 - Volte face après l'alliance au mont Sinaï :
63 - [(Rappelez-vous]) , Quand Nous avons obtenu votre alliance
[(qui consiste à œuvrer conformément à la teneur de la Torah]) et
[(après avoir déraciné le Mont du sol]) Nous l'avons élevé au-dessus de [(de
vos têtes en vous disant]) - : "Tenez avec force, [(endurance et
constance]) ce que Nous vous avons donné [(dans le Livre]) et
souvenez-vous de son contenu [(en matière de récompense et de châtiment,
de licite et d'illicite, et en le concrétisant par des actes salutaires]) afin
que vous vous prémunissiez [(contre la désobéissance et, partant, ,
contre le feu de l'Enfer.])"
64 - Ensuite, vous vous êtes détournés [(de votre engagement et
vous vous êtes opposés à son application]). Sans la grâce de Dieu
[(qui a retardé la sanction parce qu'Il accepte le repentir]), et de Sa
miséricorde [(qui pardonne les incartades]), vous seriez certes au
nombre des perdants [(de ceux qui auraient subi un douloureux châtiment,
voire même qui auraient été anéantis.])
2 - Violation du Sabbat :
65 - [( Ô vous les Juifs de Médine !]) Vous avez pris
connaissance [(et entendu parler]) de ceux de vos [(ancêtres]) qui,
[(parce qu'ils ont, au temps de David, péché du poisson un samedi]),
ont violé le Sabbat . Nous leur dîmes : "Soyez des singes abjects !"
66 - Nous avons fait [(de cette métamorphose]) un exemple pour
leurs contemporains [(qui s'aventureraient à transgresser la Loi de Dieu])
et une exhortation pour ceux qui craignent pieusement Dieu [(afin qu'ils ne
succombent pas dans le péché.])
Ces juifs transgresseurs ont-ils pris réellement le physique de cet animal ou
est-ce seulement une allégorie ? La plupart des commentateurs pensent que cette
transformation a atteint le physique des transgresseurs. Dieu dit dans un autre
verset : "Ceux dont Dieu a fait des singes, des porcs…"
((S.5, 60)). Mujâhid n'y voit qu'une image qui traduit la noirceur du cœur
transformé en cette circonstance en celui d'un singe. Pour appuyer cette
thèse, d'aucuns s'appuient sur cet autre exemple : "ceux qui ont
été chargés de la Torah mais qui ne l'ont pas appliquée sont pareils à
l'âne qui porte les livres." (S.62, 5)).
Quelle
que soit la signification donnée à ce verset, ce qui est certain, c'est que
ceux qui violent la Loi de Dieu sont exclus de Sa miséricorde, sans espoir de
retour. Ainsi : Cette métamorphose réelle ou imagée a été un exemple pour
ceux qui étaient témoins oculaires de l'événement et pour les générations
futures qui ne pouvaient pas l'observer. C'est aussi une exhortation et un
rappel à tout croyant qui se prémunit contre la sanction de Dieu.
Ces
versets exposent, en définitive, trois questions :
-
Dieu
élève le mont Sinaï au-dessus des têtes des Fils d'Israël en signe de
menace.
-
Il
sanctionne sévèrement les transgresseurs de Ses prescriptions.
-
Il
exhorte les croyants à ne pas être tentés par le péché.
Le
récit de la vache
Le
récit de la vache met en exergue la constante rébellion des Fils d'Israël
dans le but de refuser d'appliquer la Loi révélée. Dieu cite un événement
qui explique leur désaccord têtu avec les prophètes, leur tendance à les
traiter de menteurs et leur peu d'empressement à exécuter les ordres transmis.
La
scène, exposée par les versets ci-dessous, a pour objet de démasquer l'auteur
d'un crime. Selon Ibn Abû Hatîm, un riche juif étant stérile, n'avait pas
d'enfants. Son neveu, le fils de son frère, était son seul héritier. Le jeune
homme décida de tuer son oncle. Une fois son forfait accompli, il déposa
discrètement le corps devant la porte d'une autre personne avec le dessein de
faire retomber sur lui la responsabilité du meurtre.
Le
village se partagea en deux camps : les partisans de la personne assassinée et
ceux de l'homme incriminé qui, bien entendu, proclama son innocence. Ils
faillirent s'entre-tuer lorsque les sages du village proposèrent de faire appel
à l'arbitrage de Moïse. Celui-ci, sur inspiration divine, leur commanda
d'immoler une vache, à la suite de quoi, le meurtrier sera certainement
dénoncé.
Une
autre version des faits attribue le meurtre à un jeune homme qui tua son oncle
paternel et le déposa, la nuit, à l'entrée du village d'une autre tribu afin
de demander ensuite à ses membres le prix du sang. Les deux tribus faillirent
alors en venir aux armes sans l'intervention de Moïse qui lui ordonna d'immoler
une vache pour découvrir l'assassin.
Pour
les mystiques en plus ne prennent du sens littéral du récit de la vache,. Pour
eux, les faits rapportés et la description de la bête revêtent un sens
allégorique qui se référerait au veau d'or.
67 - [(Rappelez-vous]), lorsque Moïse dit à son peuple [(qui
lui demanda d'invoquer Dieu afin de confondre le meurtrier d'une personne
assassinée au village] ): "Dieu vous ordonne [(à cet effet])
d'immoler une vache [(parmi tant d'autres])". Ils dirent : "Te
moques-tu de nous [(en nous demandons d'agir de cette manière]) ?".
- "Que Dieu me garde d'être au nombre des ignorants [(qui prennent les
gens comme objet de leurs moqueries, à plus forte raison lorsqu'il s'agit de
questions religieuses])", dit-il.
68 - [(Prenant conscience que Moïse ne plaisantait pas]), ils dirent
: "Invoque ton Seigneur afin qu'Il nous précise ce que doit être [(son
âge] )". - Il dit : "Dieu dit que c'est bien une vache, ni veille
ni tout à fait jeune, donc d'un âge moyen. Faites donc ce qui vous est
commandé [(c'est-à-dire d'immoler la vache au plus vite].".
69 - - Ils dirent : "Invoque ton Seigneur afin qu'Il nous précise sa
couleur." - Il dit : "Dieu dit que c'est une vache de couleur jaune
vif et [(dont la beauté est]) plaisante à regarder.".
70 - Ils dirent : "Invoque ton Seigneur afin qu'Il nous précise comment
elle est [(a-t-elle déjà servi ou non ?], car pour nous, toutes les
vaches [(en raison de leur grand nombre]) se ressemblent. Ainsi, nous
serons bien guidés [(pour mieux l'identifier]), si Dieu le veut."
71 - - Il dit : "Dieu dit que c'est une vache qui n'a servi ni au labour
de la terre ni à l'irrigation du sol ; elle est saine et tout à fait
dépourvue de défaut [(et de toute autre trace inhérente aux efforts
exigés par le travail.])" - Ils dirent : "A présent, tu nous
apportes la vérité !". [(Et après avoir acheté la vache selon les
descriptions prévues]), ils l'immolèrent, non sans avoir failli ne pas
s'exécuter [(initialement ou probablement à cause de son coût de revient
élevé]).
72 - [(Rappelez-vous]) quand vous aviez tué une âme et que chacun de
vous rejetait la responsabilité sur l'autre ! Mais Dieu dévoile [(le
meurtrier]) que vous [(cherchiez à]) dissimuler.
73
- Nous dîmes donc : "Frappez [(le cadavre]) avec [(un membre de
la vache.])" - [(Le mort ressuscita et désigna son assassin]).
C'est ainsi que Dieu fait revivre les morts [(Il en est ainsi de la
résurrection]) et vous montre les signes [(de Sa puissance]),
escomptant que vous raisonniez [(et que vous comprendrez donc que Dieu, qui
a ressuscité un mort, est capable de redonner la vie à des milliers d'autres.
Vous croyez enfin en Celui qui vous crée et vous fait mourir]).
La
leçon à tirer du récit de la vache est d'abord la condamnation des attitudes
obstinées en matière religieuse, d'autant plus lorsqu'elles se manifestent
sous forme d'insistance à poser des questions superflues et encore davantage
quand il s'agit de prolonger le refus de croire à une prescription divine.
Sur
un autre plan, il est déconseillé de poser trop de questions pour en savoir
encore plus sur une question religieuse car il est possible que les réponses
données dévoilent des obligations qui ne peuvent pas être assumées.
"Ô les croyants ! Ne posez pas de questions sur des choses qui, si elles
vous étaient divulguées, vous mécontenteraient.". ((S.5, 101))
Le
prophète - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit, selon ce que
rapporte Bukhârî en se référant au témoignage d'Abû Hurayra : "Ce que
je vous ai interdit, évitez-le. Ce que je vous ai ordonné de faire,
acquittez-vous- en selon vos possibilités. Avant vous, beaucoup ont péri à
cause de leurs nombreuses questions et des divergences qui les ont opposées à
leurs prophètes.".
Le
récit nous indique que Dieu est Capable de ressusciter les morts de la même
manière qu'Il leur a donné la vie. Dans la seule sourate al-Baqara, le Coran
cite, en cinq endroits différents, le Pouvoir divin de ressusciter les morts.
Enfin,
il convient de relever l'interdiction à un humain de tuer un autre humain. Pire
encore, lorsque l'assassin et ses complices prennent à la légère l'enquête
en cours, comme l'ont fait les Fils d'Israël avec leur prophète.
Allégorie
de la pierre comparée au cœur humain :
74 - [(Après ce miracle dont vous avez été des témoins
oculaires : la résurrection d'un mort qui dénonça son meurtrier]), vos cœurs
se sont endurcis [(et se sont détournés de la vérité]). Ils sont
devenus [(aussi durs que]) des pierres ou même plus durs encore : car il
y a des pierres d'où jaillissent les ruisseaux, d'autres se fendent et laissent
surgir l'eau, d'autres [(dégringolent du sommet des montagnes à leur
pied]) par crainte de Dieu, [(alors que vos cœurs restent insensibles,
ne s'émeuvent pas, ne s'attendrissent pas et n'éprouvent aucune crainte
révérencielle de Dieu]). Dieu n'est certainement pas inattentif [(à
votre comportement.]).
Falsification de la Parole de Dieu et fausses allégations
Le verset ci-dessus est, en quelque sorte, la conclusion au récit de la vache
qui met en exergue la cruelle froideur des Fils d'Israël : Que peuvent espérer
les gens de ces personnes qui se moquent de leur prophète et tergiversent à
propos des Commandements de Dieu ?
75 - Espérez-vous [(ô Musulmans !]) que ces gens [(animés
par la sécheresse de leurs cœurs]) partagent votre croyance ? alors qu'un
groupe d'entre eux [(leurs rabbins]), après avoir entendu la Parole de
Dieu [(contenue dans la Torah]), la falsifient délibérément [(après
l'avoir clairement comprise, admise et enseignée. A cet effet, ils transforment
des passages de la Torah et substituent certains par d'autres.]).
1 - Les Juifs de Médine :
76 - Quand [(des Juifs de Médine]) rencontrent ceux qui ont
cru, ils disent [(hypocritement]) : "Nous croyons [(que Muhammad
- que Dieu lui Accorde la grâce et la paix - est l'Envoyé de Dieu. C'est lui
qui est mentionné dans notre Livre. Aussi, partageons-nous vos convictions])".
Quand ils se retrouvent entre eux, [(leurs rabbins et leurs savants leur])
disent : "Allez-vous rapporter [(aux Musulmans]) ce que Dieu vous a
fait connaître [(dans la Torah au sujet des caractéristiques morales et
physiques de Muhammad - que Dieu lui Accorde la grâce et la paix -]) et leur
fournir [(le Jour de la résurrection]) un argument [(en votre
défaveur]) devant votre Seigneur [(qui vous accusera d'avoir renoncé à
ce dont vous avez pourtant connaissance] )! Ne raisonnez-vous pas ?"
77 - [(Dieu dit]) : Ne savent-ils pas [(ces dirigeants de
la communauté juive]) qu'Allahque Dieu sait ce qu'ils cachent [(entre
eux]) et ce qu'ils divulguent [(aux Musulmans]) ? [(Quoiqu'ils
disent publiquement ou quoi qu'ils cachent, Dieu est Connaissant].
78 - Il y a parmi [(les Juifs]) des illettrés qui, [(ne
sachant ni lire, ni écrire]) ne connaissent du Livre [(la Torah]) que
ce qu'il convient à leurs désirs et se prêtent alors à des conjectures [(sans
fondements scientifiques : à savoir aux mensonges que leurs chefs leurs dictent
et sur lesquels ils s'appuient tels que Dieu leur pardonnera ; le Feu ne les
atteindra que pendant un nombre de jours limités ; ils sont les fils
préférés de Dieu etc.])
2 - Les Fils d'Israël au temps de Moïse :
A première vue, ces derniers versets s'adressent aux Juifs contemporains du
Prophète - que Dieu lui accorde la grâce et la paix -. Pourtant, selon Ibn
'Abbâs et Muqâtil, ils ont été révélés au sujet des soixante-dix hommes
choisis par Moïse pour l'accompagner au Mont Sinaï où il reçut la Parole de
Dieu. Ayant entendu Dieu ordonner et interdire, ils revinrent vers leur peuple.
Les hommes sincères témoignèrent fidèlement de ce qu'ils avaient vu et
entendu. Mais un groupe d'entre eux déclara : Nous avons entendu Dieu déclarer
que si vous pouvez accomplir Mes commandements, faites-le. Toutefois, si vous
n'en êtes pas capables, abstenez-vous et il ne vous sera rien reproché.
Quoi
qu'il en soit, il est illicite d'altérer ou de changer la Parole de Dieu, que
ce soit en y apportant une fausse interprétation ou en substituant un mot par
un autre qui déforme le sens du verset. C'est ce que dit le Seigneur à propos
des Fils d'Israël : "Il est parmi les Juifs qui détournent les mots
de leur sens.". ((S.4, 46))
Il est à noter que le Coran condamne l'imitation aveugle d'où cette expression
coranique : Ils se plaisent à conjecturer. C'est pourquoi, les Anciens, au
cours des trois premiers siècles de l'Hégire, ont tous été d'accord pour
déclarer vaine l'imitation irréfléchie. Les gens, peu instruits de cette
époque, recevaient la science de gens avertis qui fait preuve de
l'authenticité de leurs enseignements. Ils ne les suivaient pas dans leur
raisonnement s'ils ne leur fournissaient pas des preuves convaincantes.
Faussaires des Écritures et prétentions insensées.
1 - Composition de livre apocryphe :
79 - Malheur [(un terrible châtiment]) à ceux qui, de leurs
mains, écrivent un livre [(inventé par eux et contraire aux prescriptions
de la Torah ]) puis le vendent, en prétendant [(après avoir altéré
les passages relatifs au portrait physique et moral du Prophète - que Dieu lui
accorde la grâce et la paix -, ceux concernant la lapidation de l'adultère
etc.]) qu'il provient de Dieu, à un vil prix ! - Malheur à eux pour ce que
leurs mains ont écrit [(de faux et d'erronés]), et malheur à eux pour
ce qu'ils ont acquis [(c'est-à-dire des gains obtenus de la vente de ce
livre apocryphe]). .
2 - De fausses prétentions :
80 - Ils [(les Juifs]) ont dit [(après que le Prophète -
que Dieu lui accorde la grâce et la paix - leur a promis que le Feu sera leur
refuge]) : "Le Feu ne nous touchera que pendant quelques jours comptés
! [(soit quarante jours ; = l'équivalent du temps au cours duquel leurs
aïeux ont adoré le Veau d'or])" Dis-leur [(ô Muhammad !]) :
"Auriez-vous conclu un pacte [(qui stipule cette prétention]) avec
Dieu ? [(Si tel est le cas, comme vous le prétendez]), Celui-ci ne
manque jamais à Sa promesse. Ou alors vous dites contre Dieu ce que vous ne
savez pas [(du contenu de votre Livre])."
81 - Que non [(vous serez maintenus éternellement en Enfer ou
vous ne faites pas exception à la règle])! [(C'est que]) celui qui, [(mourant
dans un état d'impiété ou d'associateur]) aura acquits une mauvaise action
et qui sera cerné [(et enveloppé de tous les côtés]) par son péché…,
ceux-là seront [(incontestablement]) les hôtes du Feu où ils
demeureront éternellement.
Il est dit dans le Coran dans une sourate : "Ceci ne dépend ni de
vos désirs ni des désirs des gens du Livre. Quiconque aura fait un mal sera
rétribué pour cela, et ne trouvera en sa faveur, hors de Dieu, ni allié ni
secoureur.". [(S.4, 123)
Le
mal se présente sous divers degrés dont le plus élevé se traduit par la
perversion des attitudes où s'évacuent les aspects moraux et spirituels. Cette
perversité entoure l'homme d'une manière telle qu'elle s'érige en une
forteresse impénétrable où seul Satan peut s'y introduire pour s'opposer à
l'accès du bien qui rapproche de Dieu.
Abû Hurayra a rapporté ce hadîth, selon Tirmidhî : "Lorsque le
serviteur commet un péché, un point noir se grave dans son cœur. S'il se
repent et demande pardon, cette trace disparaît et le cœur redevient lisse
(doux). Par contre, s'il récidive, ce point noir s'élargit et s'agrandit dans
le cœur".
C'est ce qui est confirmé par le Coran : "Que non ! Ce qu'ils ont
accompli couvre leur cœur." ((S.83, 14). Par contre : "Quiconque,
homme ou femme, fait de bonnes œuvres, tout en étant croyant… les voilà
ceux qui entreront au Paradis ; et on ne leur fera aucune injustice, fût-ce
d'un creux de noyau de dattes.". (S.4, 124)
82 - Tandis que ceux qui auront cru [(en Muhammad - que Dieu lui
Accorde la grâce et la paix - et au Coran]) et accompli de bonnes œuvres
[(dans le monde présent dans le domaine de leur relation avec Dieu et avec
leurs prochains]), ceux-là seront les hôtes du Paradis où ils demeureront
éternellement.
3 - Contenu de l'engagement :
83 - [(Rappelez-vous]), lorsque Nous avons pris l'engagement
des Fils d'Israël [(dans la Torah et que Nous avons dit]) de n'adorer
que Dieu [(et seulement Lui]), de faire preuve de bienveillance envers
les pères, les mères, les proches parents, les orphelins, les nécessiteux, de
tenir de bons propos aux gens [(en leur ordonnant le convenable et en leur
interdisant le blâmable]), d'accomplir les (cinq) prières (de la
journée) et d'acquitter la zakât (l'aumône purificatrice de vos
biens)! [(Vous avez accepté ces prescriptions].) Mais, vous vous êtes
ensuite reniés, en dehors d'un petit nombre d'entre vous , et vous vous êtes
détournés [(de la même manière que vos aïeux s'y étaient opposés.])
84 - [(Rappelez-vous]), lorsque Nous avons reçu, de vous,
l'engagement [(et Nous vous avons dit]) de ne pas verser votre sang [(en
vous tuant les uns les autres]), de ne pas vous expulser les uns les autres
de vos maisons. Vous y avez souscrit et porté témoignage [(contre
vous-mêmes.]).
Les prescriptions ordonnées aux Fils d'Israël et à toute l'humanité forment
l'ordre religieux, moral et social de toute société. Elles établissent une
priorité. Le Droit de Dieu est primordial car Il est le Créateur et le
Bienfaiteur des droits de l'homme. Ensuite viennent, par ordre de priorité, le
père et la mère, les parents proches, les orphelins et les démunis.
-
1
- Adorez Dieu, c'est manifester nos convictions et apporter la preuve de la
sincérité de notre foi. C'est l'axe central du culte. C'est pourquoi le
Coran revient souvent sur cette question parce qu'elle constitue, comme le
dit Ibn Kathîr, le Droit le plus élevé. Nous n'avons envoyé avant
toi aucun messager à qui Nous n'ayons révélé : Point de divinité en
dehors de Moi, Adorez-Moi." ((S.21, 25) ; "Nous
avons envoyé dans chaque communauté un messager, [(pour leur dire]) :
Adorez Dieu et écartez-vous du démon." ((S.16, 36))
-
2
- Dieu lie Son droit à celui qui revient au père et à la mère. Si la
naissance est due à Dieu, les parents sont les facteurs que Dieu a
utilisés. Ainsi, n'est-il pas étonnant que le Créateur noue les
remerciements que le serviteur lui réserve à ceux qui doivent être
adressés aux deux géniteurs.
"Nous avons commandé à l'homme [(la bienfaisance
envers]) ses parents: "Sois reconnaissant envers Moi ainsi
qu'envers les parents. Vers Moi est la destination." ; "Ton
Seigneur a décrété : N'adorez que Lui ; et [(marquez]) de
la bonté envers les parents père et la mère." ((S.17, 23))
-
3
- La bonté envers les proches parents suit celle éprouvée envers le père
et la mère. Cette bienfaisance consolide les liens consanguins entre les
membres de la famille. Elle se manifeste particulièrement au moment des
heures difficiles. C'est que la nation se constitue d'un ensemble de
familles et lorsque l'état de la famille est bon, c'est toute la société
qui en ressent les bénéfiques effets.
-
4
- La bonté envers le petit orphelin s'exprime par le besoin de son
éducation, sa formation et la préservation de ses droits. Le Livre sacré
et la Sunna multiplient les recommandations envers eux. Selon Muslim, Abû
Hurayra a rapporté ce hadîth : "Sois le répondant de l'orphelin. Lui
et moi seront au Paradis comme ça [(en joignant l'index et le
majeur]).".
-
5
- Il est enfin ordonné d'avoir de la bonté à l'égard des pauvres,
c'est-à-dire de tous les gens qui n'ont pas les moyens d'assurer
convenablement leur subsistance. Il s'agit d'être charitable envers eux et
d'atténuer leurs peines et leurs souffrances morales. Abû Hurayra a
transmis cette parole du Prophète - que Dieu lui accorde la grâce et la
paix - : "Celui qui sert la veuve et le pauvre s'identifie au
combattant sur le sentier de Dieu.".
-
6
- La bonne parole et la politesse composent les vertus dictées par la
religion. Les bonnes manières et le langage correcte consistent à ordonner
le bien et à décourager le blâmable. Elles s'expriment par le sourire,
l'indulgence et le pardon. Il va de soi que la bienfaisance, en ce domaine,
produit dans les âmes des effets favorables à la solidarité et à
l'entraide mutuelles. Le Prophète - que Dieu lui accorde la grâce et la
paix - a dit : "Ne dédaigne rien en matière de bonté. Si tu n'as
rien à dire, accueille alors ton frère avec un visage détendu et
souriant.".
-
7
- Accomplir la prière, pilier central de l'Islam, et s'acquitter de la
zakât, ferment de l'amélioration sociale, tracent la voie de la piété et
fondent un rapport entre l'homme et Dieu. Elles permettent d'ouvrir à
l'homme l'horizon des vertus et de boucher celui des vilenies.
-
8
- Croire au Coran dans son intégralité sans rien en soustraire.
Le dernier verset ajoute : Ne pas tuer son prochain, ne pas l'expulser de sa
demeure, respecter ses droits et libérer (racheter) les prisonniers
détenus par l'ennemi.
Cet ensemble de droits et de devoirs forment un tout indissociable. Il n'est
pas possible d'en admettre certains et d'en renier d'autres.
4 - Violation de cet engagement : croyance à une partie du Livre et déni
d'une autre.
85 - Voilà [(qu'à présent) ] vous vous entre-tuez, vous
chassez de leurs maisons certains d'entre vous, vous aidant contre eux dans le
péché et l'agression. Si vos [(coreligionnaires]) deviennent captifs,
vous leur imposez une rançon alors que cela, ainsi que leur expulsion, vous
étaient interdites . Croyez-vous donc en une partie du Livre [(celle qui
convient à vos inclinations]) et déniez-vous une autre [(celle qui ne
s'accorde pas avec vos penchants]) ? Ceux d'entre vous qui agissent de la
sorte n'auront que l'ignominie dans la vie présente , et le châtiment le plus
dur le Jour de la résurrection. Dieu n'est pas inattentif à ce que vous
faites.
5 - Conséquence :
86 - Voilà ceux qui troquent la vie présente contre la vie dernière
[ont préféré la première à la seconde]. Leur tourment ne sera pas
allégé, et ils ne seront point secourus [Personne ne viendra les
soustraire au châtiment qu'ils endureront.]
DENI DES PROPHETES ET DES ÉCRITURES
Ces versets situent l'attitude des Fils d'Israël à l'égard des prophètes et
des Livres célestes. Ils montrent la similitude entre les Juifs contemporains
de l'Envoyé de Dieu et leurs aïeux.
87 - Nous avons donné le Livre [la Torah]) à Moïse. Nous
avons envoyé après lui des prophètes [(c'est-à-dire : Nous l'avons fait
suivre par une suite de prophètes]). Nous avons donné des preuves à
Jésus, fils de Marie [(tels que ressusciter les morts, guérir les
paralytiques et les aveugles]), et Nous l'avons renforcé du Saint Esprit [(Gabriel
afin de le purifier]) . Est-ce à chaque fois qu'un messager vous apportait
des vérités contraires à vos souhaits, vous vous enfliez d'orgueil
[(parce que vous aimiez mieux vos personnes que la Vérité]) ? Vous traitiez
les uns d'imposteurs [(comme c'est le cas de Jésus]) et vous tuiez les
autres [(comme c'est le cas de Zacharie et de Jean Baptiste]). .
Ce discours s'adresse aux Fils d'Israël mais il peut aussi bien concerner les
Chrétiens qui rejettent la révélation descendue sur Muhammad - que Dieu lui
Accorde la grâce et la paix -. Jésus a également annoncé la venue du Sceau
des envoyés dont le nom est mentionné dans l'Evangile. Pourtant, ils ne voient
pas en lui un prophète et n'admettent pas que le Coran soit la Parole de Dieu.
88 - Ils dirent [(au Prophète - que Dieu lui accorde la grâce et
la paix -, avec un ton ironique]) : "Nos cœurs sont impénétrables . [(Ils
sont si bien recouverts que rien de ce que tu dis ne parviens à y pénétrer])"
- Non mais Dieu les a maudits [(les a éloigner de Sa miséricorde]) à
cause de leur infidélité [(et non pas à cause d'une imperfection de leurs
cœurs]), leur foi est donc médiocre.
89 - Quand leur vint de Dieu un Livre [(le Coran]) confirmant
celui qu'ils avaient déjà [(la Torah]), - alors qu'auparavant [(avant
l'arrivée du Sceau des envoyés]), ils cherchaient la suprématie sur les
mécréants, [(ils disaient : Ô Seigneur ! Fais-nous triompher des
infidèles en nous envoyant un prophète]) - quand donc leur vint cela [(le
prophète - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - armé de la vérité]) même
qu'ils reconnaissaient, ils refusèrent d'y croire [(par dépit et haine et
parce que leurs docteurs de la Loi craignaient de perdre le leadership au sein
de leur communauté]). Que la malédiction de Dieu soit sur les impies. .
Les Juifs, dont parle le Coran, sont comme tous ces gens aux cœurs durs,
beaucoup plus portés vers les questions matérielles et dominés par leurs
passions. Ni les mises en garde, ni l'envoi de prophètes ne les émeuvent. Dieu
envoya après Moïse, entre autres, David, Salomon, Elie, Jonas, Zacharie,
Jean-Baptiste et Jésus. Tous prêchaient la Loi enseignée par Moïse. "Nous
avons fait descendre la Torah dans laquelle il y a guide et lumière. C'est sur
cette base que les prophètes se sont soumis à Dieu." ((S.5, 44)).
C'est parce que Jésus était venu avec quelques nuances, qui différenciait son
message de celui de la Torah, sans rapport avec les dogmes fondamentaux, que
Dieu l'arma de preuves et de miracles et l'assista de l'Esprit Saint, en
l'occurrence de Gabriel. Dieu fait dire à Jésus : "Je confirme ce
qu'il y a dans la Torah révélée avant moi, et je vous rends licite une partie
de ce qui vous était interdit . Et j'ai certes apporté un signe de votre
Seigneur. Craignez donc Dieu, et obéissez-moi.". ((S.3, 50))
REFUS DE CROIRE EN LA DERNIERE REVELATION
90 - Comme est vil ce contre quoi ils ont troqué leurs âmes ! Ils ne
croient pas en ce que Dieu a fait descendre [(le Coran]), révoltés à
l'idée que Dieu, de par Sa grâce, fasse descendre la révélation sur ceux de
Ses serviteurs qu'Il veut. Ils ont donc [(à cause de leur dénégation]) encouru
colère sur colère [(la première étant d'avoir négligé la Torah et
rejeté la prophétie de Jésus]) car leur châtiment avilissant attend les
infidèles !
91 - Quand on leur dit : "Croyez à ce que Dieu a fait descendre [(le
Coran et autres Livres])", ils disent : "Nous croyons à ce qu'on a
fait descendre à nous [la Torah])". Ils rejettent le reste [(tous
les autres Livres et le Coran en dernier lieu]), alors qu'il est la vérité
confirmant ce qu'il y avait déjà avec eux. - Dis : "Pourquoi donc
avez-vous tué auparavant les prophètes de Dieu, si vous croyez [(vraiment
à la Torah qui, pourtant, interdisait à vos aïeux de les tuer] ?"
Les Juifs s'attendaient à ce que le prophète attendu soit choisi en leur sein.
Ils furent déçus et c'est par jalousie qu'ils s'opposèrent au dernier des
envoyés. Les Ansâr ne manquèrent pas de leur rappeler leur menace,
c'est-à-dire qu'aidés de ce prophète, ils les châtieraient. A ce reproche,
les Juifs répliquaient que les prophètes étaient toujours suscités en leur
sein alors que Muhammad - que Dieu lui Accorde la grâce et la paix - n'était
pas de leur sang. Le Sceau des messagers était pourtant un descendant d'Abraham
par son fils Ismaël. Cependant, l'interprétation restrictive des Ecritures par
les Juifs les amenait à croire, selon leur comportement sectaire, à une
branche de la descendance du père des croyants et à désavouer l'autre.
D'une manière générale, il ne faut pas y voir une simple condamnation du
sectarisme juif. L'Islam rejette toute arrogance raciale. Dieu est le Créateur
de tous les peuples, quelles que soient la couleur de leur peau, leur ethnie et
leur langue véhiculaire. Ceux qui éprouvent de l'aversion envers d'autres,
ressentent, en réalité, consciemment ou inconsciemment de la répugnance à
l'égard de la création divine.
Ni la raison humaine, ni même l'intérêt réel de l'homme ne peuvent
préférer l'éphémère et renoncer à l'éternel, accepter le vil et
abandonner le précieux. C'est pourtant ce que font ceux qui privilégient le
vain et délaissent le vrai, ceux donc qui se plaisent dans le monde présent et
négligent la vie dernière.
S'obstiner à sa se maintenir dans la voie de l'impiété, à savoir accepter
pour vrai des Ecritures et traiter le Coran de mensonge, c'est refuser à Dieu
le pouvoir de renouveler Sa révélation et de la faire descendre sur celui
qu'Il veut, et là où Il veut.
L'impiété est encore plus dangereuse quand on rejette la révélation sous
prétexte que l'envoyé, qui la communique, n'appartient pas à la race des
élus, comme si les hommes n'étaient pas conçus de la même matière par Dieu
et comme si le Seigneur des univers ne jugeait pas Ses créatures sur leur
piété et leurs actes charitables.
Leur croyance en la Torah n'est que mensonge : leur culte
du Veau d'or
92 - En effet Moïse vous est venu avec les preuves [(tels que le
bâton, la main blanche et la séparation de la mer en deux pour vous livrer le
passage et vous délivrer de Pharaon]). Malgré cela, une fois absent, vous
avez pris le Veau pour idole, alors que [(en vous adonnant à son
adoration]) vous étiez injustes.
93 - Rappelez-vous, lorsque Nous avons pris l'engagement de vous [à
savoir de vous conformer au contenu de la Torah]), et brandi sur vous at-Tûr
[(le Mont Sinaï]) en vous disant : "Tenez ferme à ce que Nous vous
avons donné et écoutez [(ce qui vous est ordonné de faire)! " Ils
dirent : "Nous avons écouté [(Ta parole]) et désobéi [(à
Ton commandement])". Dans leur impiété, leurs cœurs étaient
passionnément épris du Veau [(au point que l'amour de Dieu était inondé
par l'amour de l'animal]). Dis-leur : "Quelles mauvaises prescriptions [(celles
d'adorer le veau]) ordonnées par votre foi, si vous êtes croyants [(mais
vous ne l'êtes pas parce que la foi n'ordonne pas le culte du veau] ).".
L'idée contenue dans ce verset a été déjà examinée plus haut. Elle est
reprise dans un nouveau contexte. Les arguments sont développés dans deux
directions différentes. Au verset 53, après l'engagement pris au Mont Sinaï,
les Fils d'Israël se sont demandés comment le briser, non dans l'immédiat
mais plus tard : c'est donc une probabilité. Dans le présent verset, ils sont
décidés à ne pas l'observer : c'est d'une manière sarcastique qu'ils
proclament ouvertement leur adhésion à la Parole de Dieu, mais au fond
d'eux-mêmes, ils déclarent : Nous "désobéissons" : c'est donc une
certitude.
Donc, après avoir rappelé leur engagement de n'adorer que Dieu, non sans avoir
élevé au-dessus de leurs têtes le Mont Sinaï pour leur prouver qu'il est
plus aisé d'assumer la Torah que de supporter le poids de cette montagne, les
Fils d'Israël reconnaissent leur revirement. Ils ont, certes, entendu,
c'est-à-dire compris les Commandements divins. Ils s'engagent à s'en tenir
fermement, mais ils ont succombé volontairement au blasphème, en s'adonnant au
culte du veau d'or, dédaignant les Commandements divins.
Cela ne les a pas empêchés ensuite de se considérer comme les amis de Dieu,
de se figurer que le Paradis n'est réservé que pour eux, de se montrer ennemis
des anges dont Gabriel et de désavouer les prophètes. Cet enchaînement de
retournements successifs est le propre des Fils d'Israël à travers leur
histoire traditionnelle.
L'Ancien Testament dit : "Or, comme il s'approchait du camp, il vit le veau
et des danses, Moïse s'enflamma de colère : de ses mains, il jeta les tables
et les brisa au bas de la montagne. Il prit le veau qu'ils avaient fait, le
brûla, l'écrasa tout fin, le répandit à la surface de l'eau et il fit boire
les fils d'Israël." ((Exode, XXXII, 19 et 20))
Cet incident est interprété par le Coran d'une manière allégorique, dit
Yûsuf 'Alî. Le veau est le symbole de la désobéissance et de la rébellion.
C'est comme l'infection causée par un poison que les Fils d'Israël boiraient
après l'avoir eux-mêmes fabriqué. Cependant, le venin ne circule pas dans le
corps et n'arrive pas à l'estomac, mais pénètre au fond de leurs cœurs, siège
de la raison, de la science et de la connaissance en général. Ils se sont
délibérément gangrenés au point de perdre de vue Dieu, leur Créateur.
Le crime consistant à vouer un culte au veau a imprégné leur sang
profondément leurs cœurs. On ne peut à la fois croire en Dieu et adorer une
idole. En vérité, leur manque totale de logique motive leurs tergiversations
et leurs rébellions. Dans ce cas, ils ne peuvent pas prétendre être des
croyants sincères. C'est pourquoi, la question leur est posée d'une manière
ironique : "Si, malgré tout cela, vous vous considérer des croyants,
alors funeste est votre foi qui vous ordonne d'aimer une idole à la place de
Dieu.".
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