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Le dhikr à haute voix et à basse voix
L'invocation de Dieu
est instituée aussi bien d'une manière silencieuse qu'à haute voix. Le
Prophète - que Dieu lui accorde la grâce et la paix- a incité les croyants à
accomplir le dhikr sous les deux formes. Cependant, les savants musulmans ont
porté leur préférence sur le dhikr à haute voix, s'il est dépourvu
d'ostentation, et dans la mesure où l'invocateur ne dérange pas ceux qui
prient, lisent le Coran ou dorment (près de lui), et à cet effet, ils
s'appuient sur certains hadîths :
1 - Selon Abû Hurayra, le Prophète - que Dieu lui accorde la grâce et la paix
- a dit : " Dieu dit :
" Moi, Je suis selon l'opinion que Mon serviteur se fait de Moi et Je suis
avec lui quand il Me mentionne.
S'il Me mentionne en lui-même, Je le mentionne en Moi-Même.
S'il Me mentionne dans une assemblée, Je le mentionne dans une assemblée
meilleure que la sienne. " Ainsi celui qui mentionne Dieu dans une
assemblée ne peut le faire qu'à haute voix.
2 - D'après Zayd Ibn Aslam qui a rapporté ce témoignage d'Ibn al-Arda' :
" Je suis sorti une nuit avec l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la
grâce et la paix -. Nous sommes passés devant un homme à la mosquée qui
invoquait Dieu d'une voix élevée. Je lui ai dit :
- " Ô Envoyé de Dieu ! Est-il possible que cet homme soit un hypocrite
(vantard) ? "
- " Non, mais il est un gémissant " awwâh. " "
3 - Ibn 'Abbâs a dit : " Elever la voix dans le dhikr, dès le départ des
gens après la prière prescrite, était courant à l'époque du Prophète - que
Dieu lui accorde la grâce et la paix -. Et c'est en entendant la voix des
invocateurs, que je savais que les gens étaient partis de la Mosquée. "
4 - Selon as-Sâyib, l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la
paix - a dit : " Gabriel m'est apparu et m'a dit : " Ordonne à
tes Compagnons d'élever leur voix lors du takbîr. " "
5 - Shaddâd Ibn Aws a dit : " Nous étions auprès de l'Envoyé de Dieu -
que Dieu lui accorde la grâce et la paix - quand il nous dit : " Levez
vos bras et dites : " il n'y a de dieu que Dieu. " Ce que nous
avons fait, puis le Prophète - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a
dit : " Seigneur ! Tu m'as envoyé avec cette parole et Tu me l'as
ordonnée. Tu m'as promis, pour elle (pour cela) le Paradis. Tu ne faillis
jamais à Ta promesse. " Il dit ensuite : " Apprenez
cette bonne nouvelle : Dieu vous a pardonné. " "
Il existe beaucoup d'autres hadîths. Le grand savant Jalâl ad-Dîn as-Suyûtî
en a réuni vingt-cinq dans un opuscule intitulé : " Natîjatu l-fikr fî
l-jahr fî adh-dhikr " (Le produit de la pensée concernant l'élévation
de la voix pendant le dhikr). Il a dit dans sa présentation :
" Louange à Dieu et que Sa paix soit sur Ses serviteurs qu'Il a choisis.
Tu m'as interrogé sur ce que les soufis avaient pour habitude de faire
lorsqu'ils se réunissaient en cercle dans les Mosquées pour invoquer Dieu à
haute voix. Tu m'as demandé si élever la voix en tahlil est déconseillé (makrouh)
ou non ? "
La réponse est celle-ci : " Il n'y a rien de déconseillé dans tout cela.
Il y a des hadîths qui recommandent d'élever la voix dans le dhikr. Il en
existe d'autres qui recommandent de s'y adonner en silence. Passer de l'un à
l'autre dépend des situations où l'on se trouve et des personnes qui s'en
acquittent. Je te donne ci-joint les détails à ce sujet. "
Ensuite, il énuméra les hadîths qui attestent l'un et l'autre procédé, puis
il a écrit :
" Si tu réfléchis à ce qui nous est parvenu en matière de hadîths, tu
sauras que dans leur ensemble, il n'y a absolument rien de détestable à
invoquer Dieu à haute voix. Bien au contraire, certains d'entre eux le
recommandent, soit clairement soit par déduction. "
Quant à ceux qui déconseillent le dhikr à haute voix en s'appuyant sur le
hadîth qui dit (le meilleur dhikr est celui qui s'effectue discrètement), ils
procèdent dans le cas de la récitation du Coran à haute voix, car il y a un
hadîth qui dit (Celui qui lit discrètement le Coran est comme celui qui fait
l'aumône discrètement). "
L'imam An-Nawâwî a concilié les deux en disant : " la discrétion est
préférable par crainte de la duplicité, ou la gène qui pourrait être
occasionnée à ceux qui prient ou dorment. Par contre, le dhikr de Dieu à
haute voix est meilleur en dehors de ces circonstances car il produit plus
d'effet sur les invocateurs et, de plus, fait profiter ceux qui l'entendent. En
outre, cette méthode garde en éveil le lecteur. Celui-ci concentre sa pensée
sur le dhikr et tend l'oreille pour en saisir le sens. De plus, le dhikr chasse
le sommeil et accroît le dynamisme. Certains savants ont dit : " La
lecture du Coran à voix haute est recommandée dans certains cas, et la lecture
discrète dans d'autres, c'est que le lecteur discret peut se lasser et la
récitation à haute voix le réconfortera, et celui qui lit le Coran à haute
voix peut se fatiguer et la lecture à basse voix le reposera. "
C'est ainsi que les deux procédés se concilient.
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1- Si tu dis :
" Mais Dieu a dit : " Invoque ton Seigneur en toi-même, en
humilité et crainte, à mi-voix... " (Coran, 7/205), la
réponse à ce verset se présente sous trois aspects :
Le premier :
C'est un verset révélé à La Mecque comme celui du voyage nocturne : "
Dans la prière, ne récite pas à haute voix ; et ne l'y abaisse pas trop, mais
cherche le juste milieu entre les deux. " (Coran, 17/110) Il a
été révélé au moment où le Prophète - Que Dieu lui accorde la Grâce et
la Paix- récitait le Coran à voix haute au point qu'en l'entendant, les
associateurs injuriaient la Parole divine et celui qui la révélait. C'est
pourquoi Dieu ordonna de baisser la voix afin d'éliminer tout prétexte qui
justifierait ces insultes. C'est d'ailleurs dans le même ordre d'idées que
Dieu a interdit de calomnier les idoles : " N'injuriez pas ceux
qu'ils invoquent, en dehors d'Allâh, car par agressivité, ils injurieraient
Allâh dans leur ignorance. " (Coran, 6/109) Dans son commentaire
du Coran, Ibn Kathîr fait référence au sens à donner à ce verset.
Le deuxième : Un groupe de commentateurs du Coran, parmi lesquels 'Abd
ar-Rahmân Ibn Zayd Ibn Aslam, le maître de l'imam Mâlik et Ibn Jarîr, ont
compris de ce verset qu'il s'agit du lecteur du Coran. Dieu lui présente le
dhikr (par la récitation du Coran) à voix basse dans le dessein de magnifier
le Livre de Dieu et ainsi de mieux saisir la portée de sa signification, et
cette interprétation est renforcée par l'attache que ce verset a avec le
suivant : " Quand on récite le Coran, prêtez-lui l'oreille
attentivement et observez le silence, afin que vous obteniez la miséricorde (d'Allâh).
" (Coran, 7/204)
Je dis, qu'en recevant l'ordre de baisser le ton lors du dhikr et surtout
pendant l'écoute du Coran, c'est par crainte que l'auditeur ne se détourne
quelque peu du dhikr ; aussi on le met en garde que si le silence est imposé à
la langue, il ne faut pas oublier que le dhikr dans le cœur demeure une
obligation pour qu'il ne reste pas indifférent au Rappel de Dieu. C'est
pourquoi, le verset se conclut ainsi : " Ne sois pas au nombre des
insouciants. "
Le troisième : Les soufis disent que ce verset concerne en particulier
le Prophète - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - qui est parfait.
Quant aux autres, il est à noter que le dhikr silencieux peut être altéré
par les suggestions de Satan et des pensées pernicieuses. Aussi, il est
ordonné d'élever le ton car c'est là un moyen de repousser ses effets
négatifs.
Je dis : Ceci est attesté par le hadîth rapporté par al-Barrâz d'après
Mu'âdh Ibn Jabal selon lequel l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la
grâce et la paix - a dit : " Que celui qui prie la nuit, élève la
voix en récitant le Coran, car les anges s'aident de sa prière pour prier et
écoutent sa lecture. Les djinns croyants, installés dans l'espace, et ses
voisins qui l'environnent, eux aussi prient pour (avec/ par) sa prière et
écoutent sa récitation. Grâce au ton élevé de sa lecture, il chasse de sa
maison, et de celles qui l'entourent, les pervers parmi les djinns et les
démons. "
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2- Si tu dis :
" Mais Dieu a dit : " Invoquez votre Seigneur en toute humilité
et recueillement et avec discrétion. Certes, Il n'aime pas les
transgresseurs. " (Coran, 7/55), certains commentateurs identifient la
transgression par le dou'a' à haute voix.
La réponse se présente sous deux aspects :
Le premier :
L'explication la plus plausible, est qu'il s'agit d'une interprétation qui
outrepasse ce qui a été ordonné, ou c'est une prétention qui n'a pas de
fondement dans la sharî'a. Ceci est attesté par ce qui a été rapporté par
Ibn Mâja et al-Hâkim d'après Abû Na'âma : " 'Abd Allâh Ibn Maghfal a
entendu son fils dire : " Seigneur ! Je te demande le palais blanc qui se
trouve à droite du Paradis. " Le père dit alors : " J'ai entendu
l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - dire : " Il
y aura dans cette Communauté des gens qui, par leurs invocations, s'érigent en
provocateurs (agresseurs). " " Telle est l'explication de ce verset
par un Compagnon et celui-ci sait mieux de quoi il parle.
Le deuxième : L'appréciation la plus saine à faire est que ce verset
s'adresse à ceux qui demandent à Dieu d'exaucer leurs vœux (dou'a') et non
pas au dhikr lui-même. En effet, dans le dou'a', il est préférable de se
montrer discret car, par ce biais, on est plus sûr de recevoir une réponse.
C'est pourquoi, Dieu dit : " Lorsqu'il invoqua son Seigneur d'une
invocation secrète. " (Coran, 19/3) C'est de là que vient la
préférence d'énoncer doucement al-isti'âdha au moment de la prière parce
qu'elle est considérée comme un dou'â'.
Si tu dis : Il a été rapporté de la part d'Ibn Mas'ûd que celui-ci a vu,
dans la mosquée, des gens dire à voix haute : " Il n'y a de dieu que
Dieu. " Il leur a dit : " Je ne vois en vous que des innovateurs
" et il les a chassés de la mosquée.
Je réponds : Cette tradition d'Ibn Mas'ûd a besoin d'être étayée, en
s'appuyant sur les imâms qui l'ont enregistrée dans leurs livres. S'il est
possible d'établir son authenticité, il s'ensuit qu'elle contredit de nombreux
hadîths solidement établis. Dès lors, je saisis l'opportunité de démentir
le récit attribué à Ibn Mas'ûd. En effet, l'imâm Ahmad Ibn Hanbal a dit
dans son livre intitulé " l'ascétisme " : " Husayn Ibn Mohammad,
selon al-Mas'ûdî qui le tient de 'amir Ibn Shaqîq lequel l'a entendu d'abi
Wa'il, ce qui suit : " Ceux qui prétendent que 'Abd Allâh interdisait le
dhikr avancent un fait faux. Je ne me suis jamais réuni avec Ibn Mas'ûd sans
entendre celui-ci invoquer Dieu. "
Dans ce même ouvrage sur l'ascétisme, Ahmad a aussi cité Thâbit al-Bannâï
en disant : " Les gens du dhikr se rassemblent pour se rappeler de Dieu,
alors qu'ils portent des montagnes de péchés, cependant ils quittent
l'assemblé du dhikr exemptés de tous ces péchés. "
Le grand savant, le chaykh Mahmûd al-Alûsî a dit, dans son commentaire de ce
verset : " Et si tu élèves la voix, Il connaît, certes, les
secrets, même les plus cachés. " (Coran, 20/7), que le recours à
un ton élevé est interdit aussi bien dans le dou'â' que dans le dhikr ; à la
suite de cette parole de Dieu : " Invoque ton Seigneur en toi-même,
en humilité et crainte, à mi-voix... " (Coran, 7/205).
Tu sais, que le dhikr et le dou'â' sont déconseillés à haute voix, mais cela
ne doit pas être pris dans un sens absolu. L'imam an-Nawâwî a dit dans ses
fatawâs : " Le ton élevé dans le dhikr là où il ne cause aucun dommage
est légal et recommandé. Mieux encore, il est meilleur que le dhikr secret
pour l'école shâfi'ite. Cette appréciation est également partagée par
l'école de l'imâm Ahmad. Elle l'est aussi d'après deux versions rapportées
sur l'imam Mâlik par al-Hâfiz ibn Hajr dans son ouvrage " Fath al-Bârî.
"
C'est ce qu'en pense al-Qâdîkhân dans ses fatâwas relatives aux différentes
manières de réciter le Coran. Dans le chapitre de la toilette mortuaire, il
dit : " Il est détestable d'élever la voix dans le dhikr. " Mais il
est évident qu'il s'agit de celui qui suit un convoi funèbre. C'est d'ailleurs
le point de vue de l'école shâfi'ite, sans qu'il soit pour autant absolu.
"
Al-Alûsî a dit aussi : " Certains grands savants ont expliqué le ton
élevé, en parlant d'un ton exagérément élevé plus que ce qu'exige la
nécessité. Ainsi, selon le besoin, le ton doit être modéré. Or, en cas de
nécessité, la voix haute entre dans le cadre des prescriptions impératives.
Plus de vingt hadîths authentifient le fait que l'Envoyé de Dieu - que Dieu
lui accorde la grâce et la paix - éleva la voix dans le dhikr en plusieurs
occasions. " Cela est aussi authentifié par Abû az-Zubayr. Celui-ci a
entendu 'Abd Allâh Ibn az-Zubayr dire : " Le Prophète - que Dieu lui
accorde la grâce et la paix - après les salutations de la fin de sa prière
disait avec sa haute voix : " Il n'y a de dieu que Dieu, unique et
sans associé, à Lui appartient le Royaume et à Lui appartient la louange ; Il
est en toute chose Omnipotent. Il n'y a de force ni de puissance que par Dieu.
Nous n'adorons que Lui. A Lui tous les bienfaits et à Lui tous les mérites. "
"
A ce sujet, poursuit al-Alûsî, Ibrâhim al-Kawrânî, dans son étude de la
question, possède deux écrits magistraux dont le premier est consacré au
" dhikr à haute voix " et le second intitulé " L'embellissement
de l'homme pieux, qui revient repentant vers Dieu, par les vertus du rappel de
Dieu " consacré aux vertus du dhikr et ses effets.
La prééminence du dhikr à haute voix
Le savant at-Tahtâwî a dit, en marge des " Marâqî al-falâh
" : " Il y a divergence à ce sujet
Est-ce que la discrétion dans le dhikr est préférable ? La réponse est oui,
parce que de nombreux hadîths l'attestent parmi lesquels celui-ci qui dit :
" Le meilleur des dhikr est le discret et la meilleure subsistance est
celle qui suffit. " C'est parce que l'œuvre discrète est plus profonde
sur le plan de la sincérité et plus proche de la réponse de Dieu.
D'autres disent : Au contraire, c'est le dhikr à haute voix qui est
préférable. De nombreux hadîths le justifient parmi lesquels celui d'Ibn
az-Zubayr qui a dit : " L'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce
et la paix -, après le taslîm final de la prière, disait d'une voix élevée
: "Il n'y a de dieu que Dieu Unique et sans associé, à Lui appartient
le Royaume, à Lui appartient la louange ; Il est, en toute chose, Omnipotent ;
il n'y a de force ni de puissance que par Dieu. "
L'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - ordonnait à
celui qui récitait le Coran dans la mosquée, d'élever la voix afin que l'on
entende sa lecture. De son côté, Ibn Omar demandait qu'on lui lise le Coran à
voix élevée pour faire entendre tous ceux qui l'entouraient. Ceci, parce que
ce procédé est plus efficient et dispose mieux à la réflexion. Il est
d'autant plus utile qu'il réveille le cœur des insouciants. "
En fait, l'un et l'autre procédés dépendent des personnes concernées et de
leurs états d'âme. Ainsi, pour celui qui craint de se laisser aller à la
duplicité ou de porter préjudice à quelqu'un, le dhikr silencieux est plus
judicieux. Dans le cas contraire, la préférence est accordée au dhikr à
haute voix. "
At-Tahtâwî a dit aussi dans les " Fatâwâi " : " Le dhikr à
haute voix dans les mosquées ne peut être interdit, de peur de tomber parmi
les injustes dont le verset parle : " Qui est plus injuste que celui
qui empêche que dans les mosquées d'Allâh, on mentionne Son Nom...
" (Coran, 2/114)
Ash-Sha'rânî a dit à propos du dhikr de l'invocateur et de l'action de grâce
de la personne reconnaissante : " Les savants, anciens et contemporains,
sont unanimes à recommander d'invoquer Dieu en groupe dans les mosquées et en
d'autres lieux, à condition que leurs voix ne troublent pas celui qui dort,
accomplit sa prière ou lit le Coran, comme cela est indiqué dans les livres de
fiqh. "
En marge de ses gloses (hashya) célèbres, Ibn Abidayn a dit :
" Dans le livre " al fatawi al khairya " au chapitre relatif à
ce qui est à conseiller ou à déconseiller dans le dhikr, l'auteur rappelle
qu'il y a dans la tradition des hadîths qui nous incitent au dhikr à haute
voix tel ce hadith quodsi où Dieu dit : " S'il Me mentionne dans une
assemblée, Je le mentionnerai dans une assemblée meilleure que la sienne
" (Cité par Bukhârî et Muslim). En même temps, il y a des hadîths qui
recommandent de faire le dhikr en silence. En fait, comme il a été indiqué
plus haut, tout dépend des personnes et des situations où elles se trouvent.
Il est donc possible de passer d'un procédé à un autre.
C'est dire que cette affirmation ne contredit en rien ce hadîth : " Le
meilleur dhikr est le dhikr discret ", du moment que l'on craint de tomber
dans la duplicité ou de porter tort à celui qui prie ou dort.
En dehors de ces exceptions, les savants ont dit : " Le dhikr à haute voix
est préférable car il est plus efficient, profite à ceux qui l'entendent et
réveille le cœur de l'invocateur. Celui-ci concentre sa pensée sur ce qu'il
dit, astreint son oreille à écouter, chasse son sommeil et ajoute à son
dynamisme. "
La même idée se retrouve chez al-Hamawî qui rapporte d'après l'imâm
ash-Sha'rânî : " Les savants, anciens et contemporains, sont unanimes à
recommander le dhikr en groupe dans les mosquées ou dans d'autres lieux, à
condition de ne pas troubler par leurs voix celui qui dort, prie ou récite le
Coran. "
Cheikh
Abdel-Kader Aïssa
Le
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