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Le dhikr conditionné et le dhikr libre
Le dhikr conditionné
C'est celui que l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix -
nous recommanda, lié à un temps particulier ou à un lieu particulier, tel que
le dhikr après la prière, et qui consiste en tasbih, tahmid et takbir, ainsi
que les invocations des voyageurs, de celui qui se met à manger ou à boire, ou
se marie, ou celles qu'on observe dans les moments difficiles ou dans les
épreuves ou durant la maladie ou devant la mort ou après la prière du
vendredi et durant la nuit qui suit ou lorsqu'on voit le nouveau croissant de
lune ou au moment de rompre le jeûne ou lors du pèlerinage ou durant la nuit
et le matin ou lors du réveil et sommeil ou lors du jihad ou en entendant le
chant du coq etc. parmi les dhikrs particuliers. Voilà donc un bref aperçu des
dhikrs conditionnés. Pour celui qui veut les connaître d'une manière
exhaustive, il peut consulter les ouvrages spécialisés du dhikr.
Le dhikr libre
C'est celui qui n'est conditionné ni par le temps ni par le lieu, ni par un
moment déterminé ni par une situation donnée. Il est indifférent d'être
debout ou assis. Ce qui est demandé au croyant, c'est de se souvenir de Dieu en
toute circonstance au point que sa langue devienne attendrie par la mention de
Dieu. A ce sujet, il y a de nombreux versets :
- " Souvenez-vous de Moi, Je Me souviendrai de vous. " (Coran, 2/152)
- " Ils exaltent Sa gloire nuit et jour et ne s'interrompent pas. "
(Coran, 21/20)
- " Ô vous qui croyez ! Évoquez Allâh d'une façon abondante et
glorifiez-Le à la pointe et au déclin du jour. " (Coran, 33/41-42)
- " Les invocateurs assidus d'Allâh et les invocatrices : Allâh a
préparé pour eux un pardon et une énorme récompense. " (Coran, 33/35)
Il existe d'autres versets qui appellent à invoquer Dieu de façon abondante,
sans se conformer à une circonstance particulière ou à un lieu déterminé.
L'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix -, lui-même, nous
a recommandés de nous souvenir de Dieu à tous les moments, sans tenir compte
du moment et de l'endroit où nous nous trouvons.
'Abd Allâh Ibn Busr a rapporté ce fait :
- " Un homme dit : Ô Envoyé de Dieu ! Les prescriptions de l'Islâm sont
trop nombreuses pour moi. Enseigne-moi quelque chose à laquelle je pourrais me
cramponner. "
- " Que ta langue demeure constamment attendrie en évoquant Dieu ! "
Aïsha a décrit le Prophète - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - de
cette manière : " L'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la
paix - invoquait Dieu en toute circonstance. "
Dans de nombreux hadîths, l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et
la paix - nous a incités à nous souvenir de Dieu et, à cet effet, nous a
enseignés plusieurs formes de dhikr, du tasbîh au tahlîl en passant par le
takbîr et l'istighfâr. Il n'a limité ce dhikr ni dans le temps, ni dans
l'espace, ni à l'occasion d'un événement particulier.
Abd Allah Ibn 'Abbâs - que Dieu l'agrée - a dit : " Dieu n'a imposé à
Ses serviteurs aucune obligation sans qu'Il n'en définisse une limite bien
déterminée. Il a ensuite admis les excuses de ceux dont les écarts se
justifient. Sauf le dhikr. Dieu ne lui a établi aucune délimitation. C'est
pourquoi, Il n'accepte aucun motif de celui qui y renonce, à moins qu'il ait
perdu la raison.
Dieu a ordonné à Ses serviteurs de L'invoquer dans toutes les occasions et
dans tous les états. Il dit bien : " Invoquez le Nom d'Allâh, debout,
assis ou couchés sur vos côtés. " (Coran, 4/103) Et : " Ô vous qui
croyez ! Évoquez Allâh abondamment " (Coran, 33/41). Autrement dit, il
convient de L'évoquer la nuit, le jour, en terre comme en mer, en voyage comme
chez soi. Que ce soit en état de pauvreté ou de richesse, de maladie ou de
bonne santé. Que ce soit en secret ou publiquement. C'est dire que le rappel de
Dieu doit se faire en toutes circonstances. "
Les soufis ont suivi cette voie et en ont adopté la méthode. Aussi,
invoquent-ils Dieu quels que soient leurs états et dans toutes les phases de
leur existence.
De la même manière qu'il y a le dhikr conditionné par un temps ou un lieu et
le dhikr libre, il existe également le dhikr conditionné par le nombre et le
dhikr libre de tout nombre déterminé.
Le conditionné par le nombre est entre autre, le tasbîh après chaque prière,
le tahmîd, le takbîr, etc...
Selon Abû Hurayra, l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la
paix - a dit : " Celui qui glorifie Dieu trente-trois fois après chaque
prière, dis " Louange à Dieu " trente trois fois, " Allâh est
le plus grand " trente-trois fois, ce qui fait quatre-vingt-dix fois, et
termine par " Il n'y a de dieu que Dieu, unique et sans associé, à Lui le
Royaume et à Lui la louange ; en toute chose, Il est Omnipotent ", ce qui
fait un total de cent, celui-là ses fautes seront pardonnées, même si elles
sont comme l'écume de la mer. "
Sa'd Ibn Abî Waqqâs, a dit : " Nous étions chez l'Envoyé de Dieu - que
Dieu lui accorde la grâce et la paix - qui nous a dit : " L'un de vous
veut-il obtenir mille bonnes actions chaque jour ? "
- " Comment l'un de nous pourra-t-il acquérir mille bonnes actions par
jour ? " Lui demanda-t-on ?
- " En glorifiant Dieu cent fois, il obtiendra mille bonnes actions et
mille de ses fautes seront effacées. "
D'après al-Agharr Ibn Yasâr al-Muzanî, l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui
accorde la grâce et la paix - a dit : " Ô vous les gens ! Repentez-vous
à Dieu et demandez-Lui pardon car moi, je me repens cent fois par jour. "
Selon Abû Hurayra, l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la
paix - a dit : " Celui qui dit cent fois par jour : " Il n'y a de dieu
que Dieu, Unique et sans associé, à Lui le Royaume, à Lui la louange et en
toute chose, Il est Omnipotent ", son acte équivaudra à
l'affranchissement de dix esclaves. En outre, il lui sera inscrit cent bonnes
œuvres et cent de ses fautes seront effacées. De plus, il sera, en ce jour
jusqu'à la tombée de la nuit, préservé contre Satan. Aucun homme ne sera
meilleur que lui, sauf celui qui accomplit des œuvres plus nombreuses que lui.
"
Commentant le hadîth ci-dessus, Ibn 'Allân a
dit : " Le cadi 'Ayyâd a dit : " La mention de ces nombres jusqu'à
cent et cette limitation des adhkâr (invocations) sont une preuve que c'est là
un but à atteindre et non une limite fixée à ces récompenses. Ensuite,
l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit : "
Aucun homme ne sera meilleur que lui, sauf celui qui accomplit des œuvres plus
nombreuses que lui. " Cela signifie qu'il est donc permis d'aller au-delà
du nombre indiqué. Il s'ensuit que l'auteur de tout ajout obtient un mérite
proportionnel à ce complément. C'est dire qu'il ne convient pas de croire que
le nombre arrêté est une limite qu'il est interdit de dépasser. D'autres ont
même exagéré en disant : " La récompense promise ne dépasse pas le
nombre indiqué. " "
Ibn al-Jawzî a dit : " Ceci est complètement faux. C'est une opinion
qu'on ne doit pas prendre en considération. Ce qui est juste, c'est comme dit
le poète : Celui qui ajoute, Dieu lui ajoutera de ses bonnes œuvres. "
Quant au dhikr libre de tout nombre, c'est celui que Dieu nous a proposé
d'entreprendre d'une façon abondante dans toutes nos situations et nos moments,
sans s'arrêter à un nombre déterminé. Dieu dit bien : " Ô vous qui
croyez ! Invoquez Dieu d'une façon abondante. " (Coran, 33/41)
C'est que chaque fois que la détermination du croyant est grande, et que son
amour de Dieu augmente, il pratiquera le dhikr abondamment, tant il est vrai que
celui qui aime une chose tend à la mentionner plus souvent.
Il n'y a aucun inconvénient à ce que le guide spirituel intéresse son élève
à un nombre déterminé d'invocations afin d'élever davantage sa résolution
et, par la même occasion, d'évacuer en lui la négligence et la nonchalance.
C'est ainsi qu'il fera de lui un de ceux qui invoquent Dieu en abondance.
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