|
Le
dhikr de la langue et le dhikr du cœur
L'imam Abdelwahab Ash-sha'rani a dit : " J'ai entendu dire :
" Le dhikr par la langue est autorisé pour les novices comme pour les
grands maîtres, car le voile de La Toute-Puissance Divine ne se lève pour
personne, même pas pour les prophètes, alors il y est toujours mais il est
plus subtil. " "
L'imâm an-Nawâwî a dit : " Les savants sont d'accord pour déclarer
licite le dhikr avec le cœur et la langue pour toute personne en état
d'impureté, de souillure, de menstrues et de grossesse. Ceci est valable pour
le tasbîh, le tahmîd, le takbîr, la prière sur le Prophète - que Dieu lui
accorde la grâce et la paix -, le dou'a', etc. "
L'imâm an-Nawâwî a dit encore : " Le dhikr se pratique soit par le cœur,
soit par la langue. Ce qui est le mieux, c'est le dhikr de la langue et du cœur
à la fois. Toutefois, s'il a à choisir entre ces deux, il est bien évident
que le dhikr avec le cœur est meilleur. Ce n'est pas, pour autant, une raison
de renoncer aux deux méthodes parce qu'on craint d'être accusé de duplicité.
Passant outre, l'invocateur s'adonnera à la fois aux deux, tout en ayant à
l'esprit qu'à travers son invocation, il ne recherche que la Face de Dieu.
"
Al-Fudayl Ibn 'Iyyâz a dit : " Renoncer à une activité à cause des
critiques des gens est une marque de duplicité. Si l'homme ouvrait la voie à
leurs remarques et prenait des précautions pour échapper à leurs vaines
conjectures, il fermerait devant lui-même la plupart des portes du Bien et
égarerait une part importante de ces obligations religieuses. Ce n'est point
là la voie des connaisseurs (de Dieu). "
Le cœur de l'insouciant se couvre d'un voile. Il ne trouve au dhikr aucun goût
ni aucune douceur. Et il en va de même pour les autres pratiques cultuelles. Il
est dit : " Il n'y aucun profit dans le dhikr quand le cœur est absent et
insouciant. " Cela ne veut pas dire qu'on doit abandonner le dhikr par la
langue quand le cœur n'y est pas. Au contraire, il y a lieu, pour quiconque est
doté d'une grandeur d'âme et d'élévation spirituelle, de lutter contre
lui-même, de surveiller son cœur fréquemment, en vue de se transporter d'un
dhikr par la langue sans le cœur à un dhikr de la langue avec une présence du
cœur. Cela peut s'identifier à celui qui, muni de son arc, lance une flèche.
S'il n'atteint pas une première fois son but, il essaie une seconde fois et une
troisième jusqu'à ce qu'il y parvienne. Il en est ainsi de l'homme avec son cœur.
Il tente une fois après l'autre jusqu'à ce qu'il le familiarise avec le dhikr
et l'habitue à sa présence à Dieu le Très-Haut.
" L'autorité de l'Islâm ", al-Ghazâlî a dit : " Sache qu'il
est apparu aux hommes clairvoyants et perspicaces que le dhikr est la meilleure
des oeuvres. Cependant, trois écorces se superposent en lui, l'une est plus
près que l'autre du noyau. Au-delà de ces écorces, le dhikr a son véritable
noyau. L'écorce n'a de mérite que d'être la voie vers le noyau. "
L'écorce première : C'est le dhikr par la seule langue.
La seconde écorce : C'est le dhikr du cœur lorsque celui-ci a besoin
d'y être impliqué pour être présent et si on l'abandonne à sa nature, il
continuera à errer dans de vaines pensées.
La troisième écorce : C'est quand le dhikr devient maître du cœur et
le domine entièrement, au point qu'il faudrait à l'invocateur de grands
efforts pour arracher son cœur au dhikr l'espace d'un instant ; de la même
manière que l'insouciant a besoin d'efforts continus pour établir et maintenir
son cœur dans le dhikr.
Le quatrième élément : C'est le noyau (le cœur du dhikr avec le
cœur). Dans ce cas l'Invoqué (Dieu) devient maître du cœur, et il ne reste
aucune trace du-dit dhikr ; ayant atteint son but, le dhikr s'efface et disparaît,
ainsi l'invocateur (ou plutôt l'ex-invocateur) ne se tourne ni vers le dhikr ni
vers le cœur, mais au contraire, il se noie entièrement dans la présence de
l'Invoqué. Le dhikr lui-même devient un voile qui l'occupe de son Seigneur.
Tel est l'état que les connaisseurs (les hommes de Dieu) appellent
l'anéantissement. "
Al-Ghazâlî a dit encore : " Ceci est le noyau (le cœur) du dhikr.
Toutefois, celui-ci commence par la langue, ensuite par un cœur qui s'efforce,
puis par un cœur naturel. C'est enfin, l'emprise de l'Invoqué qui devient
maître de tout, et c'est l'effacement du dhikr lui-même s'efface. "
Envoyer cet article |