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Le Minaret

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Les sens du terme "dhikr"


Les versets du Saint Coran et les nobles hadîths confèrent à la notion de dhikr plusieurs significations.
Parfois, il désigne le Coran, comme c'est le cas de ce verset : " En vérité, c'est Nous qui avons fait descendre le dhikr (le Coran), et c'est Nous qui en sommes gardien. " (Coran, 15/9)
Et d'autres fois, le mot dhirk définit la prière du vendredi. Il en est ainsi dans ce verset : " Ô vous qui avez cru ! Quand on appelle à la prière du vendredi, accourez au dhikr d'Allâh (à l'invocation de Dieu). " (Coran, 62/9)
En un autre passage, le terme dhikr fait allusion à la science, comme l'indique ce verset : " Demandez donc aux ahlu dh-dhikr [aux érudits du Livre], si vous ne savez pas. " (Coran, 21/7)


Dans la plupart des textes, le terme "dhikr" désigne le tasbîh (Glorification, œuvre d'adoration qui consiste à répéter, entre autres, Subhâna Allâh), le tahlîl (Cela consiste à répéter lâ ilâha illâ llâh : Il n'y a de dieu que Dieu), le takbîr (Allâhu Akbar : Dieu est le plus grand) et la prière sur le Prophète - que Dieu lui accorde la grâce et la paix -. Il existe aussi d'autres formes de dhikr comme cela est indiqué dans ces versets :

  • " Quand vous aurez accompli la prière, invoquez le nom d'Allâh, debout, assis ou couchés sur vos côtés. " (Coran, 4/103)

  • " Ô vous qui croyez ! Lorsque vous rencontrez une troupe (ennemie), soyez fermes et invoquez Allâh afin de réussir. " (Coran, 8/45)

  • " Rappelle le nom de ton Seigneur et consacre-toi totalement à Lui. " (Coran, 73/8)

Selon Abu Hurayra, l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit : " Dieu a dit : " Je suis auprès de Mon serviteur quand il Me mentionne et que Mon Nom fait remuer ses lèvres.  "
Et d'après 'Abd Allâh Ibn Yasir, un homme a dit :

  • " Ô Envoyé de Dieu ! Les règles (les pratiques) de l'Islam deviennent de plus en plus nombreuses. Informe-moi donc, à laquelle je dois plus m'attacher ? "
    Le Prophète - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - lui répondit :
    " Que ta langue soit continuellement imprégnée de la mention de Dieu ! "

On entend dire parfois : " Le dhikr a pour objet la connaissance du licite et de l'illicite. " La réponse est que la notion de " dhikr " s'associe à la science, à la prière, au Coran et au Rappel de Dieu, etc. Cependant, ce qui compte en matière de terme commun, c'est la signification la plus répandue par l'usage. Quant aux autres sens que le terme peut porter, ils sont définis selon la connexion et le contexte. Mais l'usage prépondérant du terme porte, en vérité, sur le Rappel (la mention, le souvenir, l'invocation) de Dieu.
En dehors de cette prépondérance, le sens désignant la science, n'est pas répandu. On le rencontre une fois dans le Coran, déduit d'après le contexte, comme il a été indiqué dans le verset ci-dessus : " Demandez donc aux érudits du Livre (ahlu adh-dhikr). "



Les attestations dans la tradition


A. Dans le Coran

  • 1 - " Souvenez-vous de Moi et Je me souviendrai de vous. " (Coran, 2/152)

  • 2 - " Ceux qui, debout, assis, couchés sur leurs côtés, invoquent Allâh. " (Coran, 3/191)

  • 3 - " Ô vous qui croyez ! Evoquez Allâh d'une façon abondante et glorifiez-Le à la pointe et au déclin du jour. " (Coran, 33/41 et 42)

  • 4 - " Invocateurs et invocatrices : Allâh a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense. " (Coran, 33/35)

  • 5 - " Invoque beaucoup ton Seigneur, et glorifie-Le en fin et en début de journée. " (Coran, 3/41)

  • 6 - " Ceux qui ont cru, et dont les cœurs s'apaisent à l'évocation d'Allâh. N'est-ce pas que par l'évocation d'Allâh que s'apaisent les cœurs ? " (Coran, 13/28)

  • 7 - " Invoque le Nom de ton Seigneur, matin et après-midi. " (Coran, 76/25)

  • 8 - " Rappelle-toi le Nom de ton Seigneur et consacre-toi totalement à Lui. " (Coran, 73/8)

  • 9 - " Le rappel d'Allâh est certes ce qu'il y a de plus grand. " (Coran, 29/45)

  • 10 - " Quand la prière (du vendredi) est achevée, dispersez-vous sur terre, et recherchez (quelques effets) de la grâce d'Allâh et invoquez beaucoup Allâh afin que vous réussissiez. " (Coran, 62/10)

  • 11 - " Quand vous avez accompli la prière, invoquez le Nom d'Allâh, debout, assis ou couchés sur vos côtés. " (Coran, 4/103)

  • 12 - " Qui est plus injuste que celui qui empêche que dans les mosquées d'Allâh, on mentionne Son Nom ? " (Coran, 2/114)

  • 13 - " Dans des maisons (des mosquées) qu'Allâh a permis que l'on élève, et où Son Nom est invoqué. " (Coran, 24/36)

  • 14 - " Des hommes que ni le négoce, ni le troc ne distraient de l'invocation d'Allâh. " (Coran, 24/37)

  • 15 - " Ô vous qui avez cru ! Que ni vos biens ni vos enfants ne vous distraient du rappel d'Allâh. " (Coran, 63/9)


Ibn 'Abbâs a précisé que : " L'invocation de Dieu s'accomplit après chaque prière (rituelle), ainsi qu'au matin et au soir, au moment du réveil, et en quittant la demeure et en y revenant. "
Mujahid a dit : " L'individu n'est considéré comme faisant partie des dhakirunes (les hommes du dhikr) et des dhakirates (les femmes du dhikr) que s'il invoque Dieu en étant debout, assis et allongé. "
Toutes les pratiques cultuelles s'entourent de conditions pour leur validité, à l'exception du Rappel de Dieu (dhikr-o-llah). Celui-ci peut se faire dans n'importe quelle circonstance, qu'on soit dans un état de pureté (ablutions) ou non, assis ou debout etc.
C'est pourquoi, l'imam an-Nawâwî a dit : " Les savants sont unanimes à admettre qu'il est permis à qui a rompu son état de pureté (mineur et majeur), à la femme qui a ses menstrues ou ses lochies de pratiquer le dhikr avec le cœur ou la langue. Il leur est permis de prononcer des formules telles que : " Gloire à Dieu ", " Il n'y a de dieu que Dieu ", " Dieu est le plus grand ", ou encore de prier sur le Prophète - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - etc. "
Le dhikr polit les cœurs. Il est la clé qui ouvre les portes des gratifications, la voie qu'empruntent les manifestations (de Dieu) vers les cœurs. C'est par lui, et par aucun autre canal, que s'établit le caractère sublime chez l'aspirant à Dieu. Ainsi, ce dernier ne se trouve pénétré de tristesse et chargé de chagrin que lorsqu'il abandonne le dhikr ; et s'il se préoccupait du dhikr de Dieu, il se maintiendrait constamment dans un état d'allégresse du moment que le dhikr est la clé de la joie et de la gaieté. De la même manière, l'insouciance (l'oubli du dhikr) est la clé qui ouvre les portes de la tristesse et du trouble.


B. Dans la Sunna


1 - Selon Abû Mûsa al-Ash'arî, l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit : " La dissemblance entre celui qui se rappelle de Dieu et celui qui ne s'en souvient pas (celui qui pratique le dhikr et celui qui ne le pratique pas) s'apparente à celle du vivant par rapport au mort. "
2 - Selon Abû Hurayra, l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit : " Dieu a des anges qui arpentent les rues à la recherche des gens du dhikr. Quand ils trouvent des gens qui se rappellent de Dieu (qui font du dhikr), ils s'interpellent en disant : " Venez à ce qui vous intéresse. " Aussitôt, ils étendent leurs ailes jusqu'au ciel. Dieu les interroge, bien qu'Il sache de quoi il est question :

  • - " Que disent Mes serviteurs ? "
    - Les anges répondent : " Ils Te Glorifient, expriment Ta grandeur, Te louangent et T'exaltent. "
    - " Est-ce qu'ils M'ont vu ? "
    - " Non, par Dieu ! Ils ne T'ont pas vu ! "
    - " Qu'en serait-il alors s'ils M'avaient vu ? "
    - " S'ils T'avaient vu, Ils T'auraient adoré plus ardemment, exalté intensément et glorifié abondamment. "
    - " Que cherchent-ils auprès de Moi ? "
    - " Ils cherchent, auprès de Toi, le Paradis. "
    - " Ont-ils vu ce qu'est le Paradis ? "
    - " Non ! Par Dieu, ô Seigneur ils ne l'ont pas vu. "
    - " Qu'en serait-il alors s'ils le voyaient de visu ? "
    - " S'ils l'avaient effectivement vu, ils auraient veillé dans leur demande, davantage et plus ardemment désiré à y entrer. "
    - " Contre quoi cherchent-ils à être préservés ? "
    - " Contre le Feu. "
    - " L'ont-ils vu ? "
    - " Non ! Par Dieu, ils ne l'ont pas vu. "
    - " Qu'en serait-il alors s'ils l'avaient vu ? "
    - " S'ils l'avaient vu, ils auraient été plus prompts à le fuir et eu davantage peur de lui. "
    - " Je vous rends témoins que Je leur ai pardonnés. "
    Un des anges fit cette remarque :
    - " Il y a parmi eux untel qui n'est pas des leurs, mais il est venu pour un besoin personnel. "
    - Dieu reprit : " Ce sont là les gens de Mon assemblée. Ne sera pas affligé celui qui s'assoit parmi eux. "

Il en résulte de ce hadîth les mérites des assemblées du dhikr, et les mérites qu'il y a de se réunir à cet effet. En outre, ceux qui s'assoient avec eux, reçoivent, en leur honneur, tous les dons que leur Seigneur leur accorde, combien même ne s'associeraient-ils pas à eux pour se souvenir de Dieu. Le fait d'être présent à leur assemblée, les rend heureux, si l'intention est bonne, parce que ceux qui s'assemblent se ressemblent.


3 - Selon Anas, l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit : " Si vous venez à passer devant les jardins du Paradis, établissez-vous et jouissez de tous les plaisirs. "
- " Ô Envoyé de Dieu ! Que sont-ils ces jardins du Paradis ? "
- " Ce sont les cercles (hilake : assemblées) du dhikr. "


4 - D'après Abû ad-Dardâ, l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit : " Dieu fera ressusciter, le Jour de la résurrection, des gens dont le visage sera illuminé. Ils seront installés sur des chaires de perles. Les autres envieront leur sort. Ce ne seront ni des prophètes, ni des martyrs. "
Un bédouin s'agenouilla alors, et dit :
- " Ô Envoyé de Dieu ! Décris-les pour nous les faire connaître ? "
- " Ce sont ceux qui, de diverses tribus et de nombreux pays, s'aiment mutuellement en Dieu. Le dhikr les réunit (pour se souvenir de Dieu) et, à cet effet, ils L'invoquent. "


5 - Selon Abû Hurayra, l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - circulait sur la route de La Mecque. Il passa devant une montagne appelée Jumdân. Il dit : " Ceci est Jumdân, continuez votre marche, les Singuliers (al-mofaridoune) ont devancé (tout le monde). "
- " Qui sont ces Singuliers, Ô Envoyé de Dieu ? "
- " Ce sont " al-mustahtarûn " ; ceux qui se livrent au dhikr de Dieu, le dhikr les décharge de leurs poids et ils se présenteront à Dieu, légers (de tout péché), le Jour de la résurrection. "
Ce terme (al-mustahtarûn) s'applique à ceux qui sont épris par le dhikr, et qui sont assidus dans sa pratique, et ne se soucient point de ce qui se dit ou se fait à leur égard.


6 - Suivant Abû Dardâ, l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit :
" Voulez-vous que je vous indique la meilleure de vos œuvres, la plus pure auprès de votre Seigneur, celle qui vous élève au plus haut degré, et vous est plus profitable que de dépenser or et argent, meilleure encore que la rencontre d'un ennemi que vous aurez à combattre ? "
- " Certes, nous voulons cela ! "
- " C'est l'invocation (le dhikr) de Dieu. "
- Le Compagnon du Prophète - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - Mu'âdh Ibn Jabal dit alors : " Il n'y a rien qui délivre du châtiment de Dieu comme Son invocation. "


7 - Selon Abû Hurayra, l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit : " Dieu dit :
" Moi, Je suis selon l'opinion que Mon serviteur se fait de Moi. Et Je suis avec lui quand il Me mentionne.
S'il Me mentionne en lui-même, Je le mentionne en Moi-Même.
S'il Me mentionne dans une assemblée, Je le mentionne dans une assemblée meilleure que la sienne.
S'il s'approche de Moi d'un empan, Je M'approcherai de lui d'une coudée. S'il s'approche de Moi d'une coudée, Je m'approcherai de lui d'une brasse. S'il vient à Moi en marchant, J'irai vers lui en courant. " "


8 - D'après Abû Sa'îd al-Khudrî, l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit : " Dieu dira le Jour de la résurrection : " En ce Jour, les gens du rassemblement sauront qui est le groupe méritant Ma Générosité. "
- " Quels sont les gens de ce groupe méritant la générosité, Ô Envoyé de Dieu ? " Lui fût-il demandé.
- " Ce sont les gens des assemblées de dhikr dans les mosquées. "


9 - Selon Anas Ibn Mâlik, l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit : " Il n'y pas de gens qui se réunissent pour invoquer Dieu, ne désirent que Sa Face, sans qu'un Hérault les appelle du Ciel : " Levez-vous ! " leur dira-t-il. Vous êtes tout à fait pardonnés. Vos mauvaises actions ont été transformées en bonnes œuvres. " "


10 - D'après Abu Sa'îd al-Khudrî, l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit : " Dieu dit :
" Celui que la récitation du Coran et Mon invocation occupent trop pour M'adresser ses requêtes, Je lui donnerai mieux que ce que je donne aux demandeurs. " "
Ainsi, tout ce qui nous est parvenu à propos des vertus du dhikr, et des assemblées qui s'organisent dans cette intention, que ce soit à basse voix ou à haute etc., cela ne fait qu'attester la légalité et la légitimité du dhikr.

 

C. Les opinions des savants relatives au mérite du dhikr


'Abd Allah Ibn 'Abbâs


Abd Allah Ibn 'Abbâs - que Dieu l'agrée - a dit : " Dieu n'a imposé à Ses serviteurs aucune obligation sans qu'Il n'en définisse une limite bien déterminée. Il a ensuite admis les excuses de ceux dont les écarts se justifient. Sauf le dhikr. Dieu ne lui a établi aucune délimitation. C'est pourquoi, Il n'accepte aucun motif de celui qui y renonce, à moins qu'il n'ait perdu la raison. "
Dieu a ordonné à ses serviteurs de L'invoquer dans toutes les occasions et dans tous les états. Il dit bien : " Invoquez le nom d'Allâh, debout, assis ou couchés sur vos côtés. " (Coran, 4/103) et " Ô vous qui croyez ! Evoquez Allâh abondamment. " (Coran, 33/41) Autrement dit, il convient de L'évoquer la nuit, le jour, en terre comme en mer, en voyage comme chez soi. Que ce soit en état de pauvreté ou de richesse, de maladie ou de bonne santé. Que ce soit en secret ou publiquement. C'est dire que le rappel de Dieu doit se faire en toute circonstance. "

 

Ibn 'Atâ Allâh as-Sakandranî


" Le dhikr a comme sens : la délivrance de l'insouciance et de l'oubli, par l'éveil du cœur et sa présence permanente auprès de Dieu. Il est dit aussi que le dhikr est la répétition du Nom de Dieu (Allah), qu'il soit mentionné par le cœur ou par la langue, ou en répétant un de Ses attributs ou une de Ses prescriptions ou un de Ses actes, ou encore toute autre œuvre qui rapproche de Dieu le Très-Haut. "


L'imâm Abû l-Qâsim al-Qushayrî


" Le dhikr est le manifeste de la sainteté, le phare du lien entre l'homme et son Créateur, la concrétisation de la volonté [du serviteur de cheminer vers Dieu], le signe de l'authenticité du Commencement [dans la voie qui mène à Dieu] et sa pratique est le signe de bonne issu finale. Il n'y a rien d'autre au-delà du dhikr. Toutes les propriétés louables reviennent au dhikr et prennent naissance dans la pratique du dhikr. "
Il a dit également : " Le dhikr est un pilier solide sur le chemin de la Vérité (Dieu le Plus Haut). Mieux encore, c'est le fondement même de cette voie. Personne ne peut parvenir à Dieu le Très-Haut, si ce n'est avec un dhikr abondant et continu. "


Ibn al-Qayyim al-Jawziyya

 

" Il ne fait aucun doute que le cœur se rouille au même titre que le cuivre ou l'argent et les autres métaux. Son lustre se fait par le dhikr. Celui-ci le polit jusqu'à le transformer en un miroir immaculé. S'il est abandonné, il rouille, et s'il pratique le dhikr, le cœur retrouve son éclat.
Or, deux éléments rouillent le cœur de l'individu : l'insouciance et le péché. Sa brillance se réalise par deux autres éléments : la demande du pardon (al-istighfâr) et le dhikr.
Lorsqu'un homme baigne dans l'insouciance la plupart de son temps, la rouille s'accumule autour de son cœur, proportionnellement au degré de son indifférence. Et quand la rouille s'installe dans un cœur, la réalité des choses ne se perçoit pas comme il se doit par celui-ci. En effet, il verra le faux sous la forme du vrai et inversement. Ceci parce que lorsque la rouille s'y accumule, elle produit une obscurité qui ne laisse aucune issue à la manifestation des formes réelles des choses.
Ainsi, si la rouille s'accumule, le cœur noircit. A ce moment là, sa perception et sa conception des choses s'altèrent. Ainsi il ne saurait accepter le vrai ni nier le faux. C'est là la plus grande des sanctions du cœur.
A l'origine de cet état se trouve la négligence et l'inclination vers les vaines passions. L'une et l'autre cachent la lumière du cœur et aveuglent sa vue. Dieu dit : " N'obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre Rappel, qui poursuit sa passion et dont le comportement est outrancier. " (Coran, 18/28)


Fakhr ad-Dîn ar-Râzî


En commentant ce verset : " A Dieu appartiennent les plus beaux Noms... " Râzî a dit : " Celui qui est appelé à entrer à l'Enfer, c'est celui qui demeure inattentif au dhikr d'Allah le Très-Haut. Quant à celui qui sera délivré de ses affres, c'est grâce au dhikr d'Allah. Les gens du goût (ceux qui ont goûté aux états spirituels) et les gens des dévoilements trouvent par leurs âmes que c'est ainsi.
Si le cœur néglige de se souvenir de Dieu et s'oriente vers le monde présent avec tout ce qu'il comporte de plaisir, il tombera devant la porte des convoitises (de ce monde) et du gel dû à la privation. Il continuera à se transporter d'un désir à un autre, d'une quête à une autre et de ténèbres en ténèbres. Par contre, si l'homme ouvre la porte de son cœur au dhikr et à la connaissance de Dieu, il sera délivré des feux des divers fléaux et des gênes provoquées par les pertes. Il profitera, grâce à la connaissance de son Seigneur, Créateur de la terre et des cieux. "


Ahmad Zarrûq


L'élite est ferme dans ses paroles, ses actes et son savoir. Les invocateurs sont les plus éminents de cette élite. Quel que soit l'acte de l'homme, celui-ci se délivre du châtiment de Dieu au moyen de Son invocation. Dieu a conçu le dhikr afin de résoudre les choses. Son utilité s'identifie à celle des boissons pour étancher la soif et les aliments pour assouvir la faim. Ainsi, chaque chose possède ses particularités. La masse des gens se préoccupe de ce qui est général. Quant à l'élite, elle s'attache à ce qui correspond à l'état de la personne humaine.
La prise en considération des spécificités dans toutes choses est établie telle dans les propos, les actes et les hommes, elle doit être plus amplement appliquée pour les invocations (adhkaar pl. du mot dhikr). Car il n'y a pas une œuvre qui est plus salutaire pour le fils d'Adam que les invocations (dhikr). Dieu les a diversifiées, comme les boissons et les aliments (ma'ajine), chacune à sa propre utilité. Et chacun sa ration (ce qu'il lui faut). Ainsi, dans le dhikr, il faut voir ce qui est général et ce qui convient à l'état de chaque personne.


Ahmad Ibn 'Ajîba


" L'homme ne peut réaliser son accès au rang agréé par Dieu qu'après avoir d'abord réalisé trois choses :
1. S'absorber dans l'énoncé du Nom de Dieu : Allâh. Ceci est particulier à ceux qui sont autorisés par leur guide spirituel à le mentionner.
2. Être en compagnie d'autres invocateurs.
3. S'attacher à l'œuvre pie, celle qui est exempte de toute imperfection ; autrement dit s'attacher à la sharî'a Mohammadienne. "


Conclusion


Tous les éducateurs et les guides spirituels ont conseillé, aux aspirants qui veulent emprunter le chemin qui mène vers Dieu et Son agrément, l'abondance du dhikr de Dieu en toutes circonstances dans la compagnie des gens du dhikr parce que les souffles de ces derniers annihilent les plaisirs de l'âme portée vers le mal.

Cheikh Abdel-Kader Aïssa

Les vertus du Dhikr

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Selon Ibn 'Omar (das), le Messager de Dieu (bsdl) a dit: «Quand l'homme dit à son frère: «Espèce de mécréant!» l'un des deux a sûrement mérité ce titre. Il s'applique à l'autre si ce qu'il a dit est vrai, sinon c'est à lui qu'il revient». (ura)
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