Pratiques de l'islam
Les 5 piliers
Salât - La prière
L’adhân et l’iqâma | L’adhân et l’iqâma |
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L’adhân et l’iqâma Tahar Gaïd La
prière en islam, devoir central de la religion L’appel
à la prière : L’appel
à la prière (al-adhân), lancé à partir de la mosquée ou de tout autre
lieu, annonce en termes appropriés le moment de la prière. Son énoncé expose
les symboles de l’Islam. Al-Qurtubî, parmi tant d’autres, explique que cet
appel formulé en peu de mots englobe les principes fondamentaux de la croyance
(al-‘aqîda).
Cet
ensemble constitue les deux témoignages de la foi (ash-shahâdatâni).
1°
Institution et mérite : Au
début, les Musulmans se réunissaient pour s’acquitter de la prière sans que
celle-ci soit annoncée préalablement. Ce fut à Médine, en l’an I de l’Hégire,
que la décision fut prise quant au moyen de rappeler aux croyants l’heure des
prières. A ce sujet, l’Envoyé de Dieu et ses compagnons passèrent en revue
quelques procédés tels que l’usage du cor en vigueur chez les Juifs, ou de
la cloche à la manière des Chrétiens. Les deux idées furent toutefois rejetées.
L’opinion avancée par ‘Abd Allâh Ibn Zayd fut retenue. Elle consistait à
appeler les Musulmans à la prière à partir du toit de la mosquée. Bilâl,
dont la voix était belle et portait loin, fut désigné pour assumer cette
fonction. “Ô Bilâl ! Lève-toi, lui dit le Prophète r,
et appelle à la prière”. Depuis
ce temps, l’adhân ne cesse d’être employé pour inviter les croyants à
accomplir la plus central des cinq piliers de l’Islam. Si
l’énoncé de l’adhân a été conçu de la manière décrite ci-dessus, le
principe lui-même a été dicté par le Coran: “Quand on vous appelle à la
prière”. De son côté, le Prophète r précisa
: “Lorsque l’heure de la prière se présente, que l’un d’entre vous en
lance l’appel et que le plus âgé d’entre vous dirige la prière”. L’Envoyé
de Dieu, pour marquer l’importance de cet appel à la prière, a dit que si
l’on savait les bienfaits qui s’y trouvent, on y prendrait un grand soin à
le formuler en son temps. Quant aux muezzins, il a dit à leur sujet: “Lors de
la résurrection, ils auront, parmi la foule des gens, les cous les plus longs. Pour
les shâfi‘ites et les hanbalites, l’adhân et al-iqâma (l’appel renouvelé)
ont plus de mérite que l’imâmat, selon ce dire du Prophète r
: “L’imâm est une garantie, le muezzin une sécurité. Seigneur guide dans
le droit chemin les imâms et pardonne aux muezzins”. Or, la sécurité et le
pardon occupent respectivement un rang plus élevé que la garantie et la
conduite dans la bonne voie. Par
contre, les hanafites privilégient l’iqâma et l’imâmat car disent-ils,
ceux qui reprirent l’étendard de l’Islam à la mort du Prophète r
(al-khulafâ) prirent en charge l’imâmat et non l’adhân. Pour
la plupart des imâms, l’adhân est une sunna impérative (mu’akkada), dans
chaque mosquée, le vendredi et à chacun des cinq moments de la journée prévus
pour la prière. Il
appartient aux hommes de lancer cet appel, car les shâfi’ites et les mâlikites
recommandent l’iqâma et non l’adhân aux femmes, tandis que les hanafites
trouvent détestable que le sexe dit faible exerce l’un et l’autre. 2°
Conditions de l’adhân: L’adhân,
lancé d’une certaine hauteur, est prononcé en se plaçant dans le sens de la
qibla. Pour être entendu de tous les côtés, le muezzin, plaçant sa main sur
son oreille, tourne sa tête à droite au moment où il dit: “Venez à la prière”,
et à gauche quand il dit: “Venez au salut”. L’appel
est un acte destiné à être agréé par Dieu. Aussi, les muezzins, purs de
toute souillure, petite ou majeure, n’agissent qu’en vue du Seigneur des
hommes. Ils se portent volontaires à accomplir cette tache. Selon la dernière
volonté du Prophète r, la plupart des gens
de science réprouvent de leur accorder un salaire. De plus, qu’il s’agisse
de l’adhân ou de l’iqâma, les conditions suivantes s’imposent :
3°
Procédé de l’adhân : Chaque
partie de l’adhân est répétée deux fois de suite et dans le même ordre,
à l’exception des deux derniers énoncés qui ne se récitent qu’une seule
fois :
Pour
la prière du matin (çalât aç-çubh, fajr) le muezzin ajoute deux fois cette
phrase insérée entre le cinquième et le sixième point: Aç-çalât
khayrun mina-n-nawm : la prière est préférable au sommeil. Le
Musulman, en écoutant l’adhân, doit répéter au fur et à mesure les points
formulés par le muezzin, sauf le troisième et le quatrième qu’il remplace
par: Lâ
hawla wa lâ quwwata illâ bi-Llâh : Il n’y a de force ni de puissance que
par Dieu. 4°
Des invocations (du’â) après l’adhân : 1.
Après l’adhân : Après
avoir entendu l’adhân et avant al-iqâma, il est recommandé de formuler une
invocation en faveur de l’Envoyé de Dieu. Celui-ci disait à ceux qui
l’interrogeaient sur ce qu’il fallait dire à l’annonce de la prière par
le muezzin: “Invoquez le pardon de Dieu en ce monde et dans l’Autre”. Le
texte de le du’â est celui enseigné par le Prophète r
qui en signala le mérite. Allâhumma
Rabba hâdhi-hi d-da‘wâ attâmat wa ç-çalât l-qâ’ima, âti Muhammadan
al-wasîlat wa-l-fadîlat, wa b‘ath-hu l-maqâm l-mahmoud alladhî wa‘adta-hu,
innaka lâ tukhlifu l-mi‘âd. “Seigneur
à qui s’adresse cette fervente prière et au nom de qui est dite la prière
qui se célèbre, accorde à Muhammad crédit, grâce et grade élevé auprès
de Toi et assigne lui, lors de la résurrection, le rang honorable que Tu lui as
promis. Certes, Tu es Celui qui ne revient pas sur Ses engagements”. 2.
En allant à la mosquée : Allâhumma-j‘al
fî qalbî nûran, wa fî baçarî nûran, wa fî sam‘î nûran, wa ‘an yamînî
nûran, wa yasârî nûran, wa fawqî nûran, wa tahtî nûran; wa amâmî nûran,
wa khalfî nûran, wa j‘al lî nûran. “Seigneur
! mets la lumière dans mon cœur, la lumière dans mes yeux, la lumière dans
mes oreilles, la lumière à ma droite, la lumière à ma gauche, la lumière
au-dessus de moi, la lumière devant moi, la lumière derrière moi et accorde
pour moi-même la lumière”. Il
est fortement recommandé de ne pas quitter la mosquée après l’adhân sans
raison majeure, y compris avec la ferme intention de revenir sur les lieux.
“Si vous vous trouvez dans l’enceinte de la mosquée et que vous entendez
l’appel à la prière, ne sortez pas avant d’accomplir la prière”, a dit
le Prophète r. 3.
En sortant de la mosquée : Allâhumma
çalli ‘alâ sayyidinâ Muhammadin, Allâhumma aftah lî Abwâba rahmatika “Seigneur
! prie sur notre maître Muhammad. Seigneur ! ouvre-moi les portes de Ta miséricorde”. L’appel
renouvelé (‘iqâma) L’iqâma
est l’appel renouvelé avant d’entamer l’office sans qu’il y ait dédoublement
des points de l’adhân. On y ajoute cette phrase: “qad qâmati ç-çalât”
(Le temps de la prière est venu). Sa formule est donc la suivante: C’est
une tradition impérative (sunna mu’akkada). Elle s’impose aux hommes pris
individuellement ou collectivement. Sans leur être imposée, elle est considérée,
par les fuqaha, comme un acte louable pour les femmes qui l’effectuent. Par
contre, les hanbalites la leur interdisent. On
ne doit pas se hâter pour se rendre à la mosquée. Selon Abû Hurayra, le
Prophète r a dit: “Lorsque
vous entendez le second appel à la prière, allez-y et montrez-vous calmes. Ne
vous précipitez pas: en y entrant, faites la prière en même temps que les
autres et ensuite complétez ce que vous aurez manqué”. Il
convient de laisser passer un moment entre l’adhân et l’iqâma afin de
donner le temps aux orants d’arriver à la mosquée, sans pour autant dépasser
le délai prescrit pour la prière considérée. En
ce qui concerne la prière du soir et considérant que l’espace de temps qui
lui est réservé est assez court, la séparation entre les deux s’évalue à
la récitation de trois courts versets. Pour la prière de la nuit, il est possible de séparer l’iqâma de la prière pendant un moment plus ou moins long. Anas Ibn Mâlik a dit : “L’iqâma, ayant été faite, le Prophète r fut retardé par une discussion avec une personne au seuil de la mosquée. Quand il revint longtemps après, les gens s’étaient endormis”. |
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