Pratiques de l'islam
Les 5 piliers
Zakât - L'aumône
La prière légale | La prière légale |
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La prière légale Tahar Gaïd La prière en islam, devoir central de la religion
A.
Les conditions de la prière L’orant
est soumis à des conditions préalables avant de s’acquitter de la prière.
S’il abandonne l’une d’elles, son office s’annule. Nous avons déjà vu
quelques unes d’entre elles lors de l’examen des questions précédentes.
Passons-les de nouveau en revue en y apportant d’autres développements.
1. L’heure de la prière : L’orant,
pour que sa prière soit valide, doit prendre conscience de l’entrée en
vigueur du moment de s’acquitter de son devoir. S’il n’en a pas la
certitude, mais seulement un doute, sa prière n’en est pas moins agréée.
Ainsi, il prend connaissance de l’heure de la prière soit en entendant
l’appel du muezzin, soit qu’il se persuade que le temps est venu de
l’accomplir.
2. La purification des souillures petites et majeures: L’orant
est amené, en cas de nécessité à se laver entièrement le corps, et à
effectuer ses petites ablutions selon les règles prescrites. Cette condition
est dictée aussi bien par le Coran, qui énonce le principe général, que par
la Sunna qui précise la non validité de la prière dans un état d’impureté. «Vous
qui croyez, si vous vous mettez en devoir de prier, rincez-vous le visage, et
les mains jusqu’au coude, passez-vous la main sur la tête et sur les pieds
jusqu’aux chevilles. Si vous êtes en état d’impureté, alors purifiez-vous».
(Coran, 5/6). De son côté, le Prophète r a dit: “Dieu n’agrée pas la prière
sans un état de pureté”.
3. La purification du corps, des vêtements et du sol: a.
La purification du corps: “Eloignez-vous de l’urine, a dit le Prophète r.
La plupart des châtiments de la tombe proviennent de cette impureté”. A un
homme qui l’interrogeait sur cette question, l’Envoyé de Dieu précisa:
“Lave ta partie intime et ensuite effectue tes petites ablutions”. A la
femme qui avait ses menstrues, il lui ordonna: “Lave ton sang et acquitte-toi
ensuite de ta prière”. b.
La purification des vêtements : Le Coran stipule dans le verset 4 de la sourate
74 : “Tes vêtements, purifie-le!” Interrogé, Umm Habîba a dit que le
Prophète r accomplissait la prière avec le
linge même qu’il portait au moment de ses relations intimes avec ses épouses,
dans la mesure où aucune impureté ne les a pollués. Le
Prophète r recommanda de vérifier les
chaussures avant d’entrer dans la mosquée. Si quelqu’un y voit une
souillure, qu’il la nettoie en frottant la chaussure contre le sol et se mette
alors à prier. Il
s’ensuit que si l’orant pénètre dans l’enceinte d’une mosquée sans se
rendre compte qu’il est atteint d’une impureté ou qu’il en a connaissance
mais a oublié de la nettoyer, et se mette ensuite à prier: si au cours de son
office, il s’en aperçoit, il doit supprimer la souillure et poursuive sa prière
là où il l’a laissée; il n’est pas tenu de la reprendre du début. c.
La salubrité du sol: Il est impératif de prier dans un endroit débarrassé de
toute impureté matérielle, sans quoi, la prière n’est pas valide. Est
considéré comme ayant failli à son devoir celui qui passe outre à cette
condition.
4. L’obligation de voiler les parties intimes (al-’awra): «Ô
Fils d’Adam, revêtez vos plus beaux habits (zînata-kum) en toute oraison».
(Coran, 7/31). L’expression “zînatakum” fait allusion à la partie
intime. Autrement dit, lorsque vous accomplissez votre prière, cachez-la aux
regards. Salam Ibn al-Akwa’ interrogea le Prophète r
pour savoir s’il lui était possible de prier, vêtu de sa tunique. Il reçut
cette réponse: “Oui, mais boutonne-la, ne serait qu’avec une épine”. a.
Les limites de la ‘awra de l’homme: Cette
‘awra comprend la partie postérieure et la partie génitale. Quant aux
cuisses, le nombril et les genoux, les opinions des théologiens divergent à
leur sujet.
b.
Les limites de la ‘awra de la femme: La
femme est tenue de couvrir entièrement son corps, exception faite de son visage
et de ses mains. C’est ce que le Coran prescrit: «Dis aux croyantes... de ne
pas faire montre de leurs atours sauf ce qui en émerge» (Coran, 24/31). Aïsha
confirma en citant cette parole du Prophète r: “Dieu n’agrée la prière de
la femme adulte que la tête couverte”. Pour
plus de compléments, Umm Salma a posé la question à l’Envoyé de Dieu pour
savoir si la femme pouvait faire sa prière dans une tunique et la tête
recouverte mais sans porter un manteau. La réponse a été affirmative
seulement à cette condition: “Si la tunique est licite et couvre le dos de
ses pieds”. Il
est à noter que le vêtement porté par la femme ne doit être ni étroit au
point de mouler les formes de son corps, ni transparent si bien qu’il en
laisse apparaître la couleur de la peau.
5. L’orientation vers la qibla: Toutes
ces conditions ayant été remplies, l’orant oriente sa face du côté de la
qibla. Si, pour diverses raisons, il ne parvient absolument pas à s’orienter,
il n’est pas blâmable de prier dans n’importe quelle direction car, selon
Abû Hurayra, le Prophète r a dit: “Il y a toujours une qibla entre l’Orient
et l’Occident”. Si l’orientation vers la qibla est une obligation (farîda).
Il existe néanmoins des dérogations. *
Il en est ainsi de celui qui, monté sur un cheval, accomplit des prières surérogatoires.
En effet, le Prophète r a été vu
s’acquitter de son devoir dans la direction où sa monture se dirigeait.
C’est à ce sujet que ce verset a été révélé: «A
Dieu l’Orient et l’Occident. De quelque côté que vous vous tourniez, là
est la Face de Dieu. Dieu est Immense et Connaissant.» (Coran, 2/115) Il
est permis au malade et à la personne qui appréhende un danger de diriger sa
face dans un sens autre que celui de la qibla, dans la mesure où ils n’ont
pas la possibilité de s’astreindre à cette obligation. Le Coran stipule: «Si
vous vous sentez en danger, priez en marchant où sur vos montures» (Coran,
2/239), qu’ils soient orientés ou non du côté de la qibla, explique Ibn
‘Umar. De son côté, le Prophète r a dit: “Lorsqu’il vous est ordonné
quelque chose, apportez-y ce qui est dans vos possibilités”. B.
Le procédé de la prière: Avant
de donner de plus amples développements en rapport avec les prescriptions (farâ’id
s. farîda) et la tradition (Sunna), exposons ci-dessous les grandes lignes des
actes à accomplir dans les prières. Signalons, tout d’abord, que chaque
office se compose soit d’une rak‘a, de deux, de trois ou de quatre rak‘as.
Chacune d’elles comprend une inclinaison (rukû‘) et deux prosternations (sujûd). Abu
Hurayra rapporte ce fait relatif à la pratique de la prière: Un homme entra à
la Moquée et fit la prière. Puis se dirigea vers l’Envoyé de Dieu qu’il
salua. Après lui avoir rendu son salut, il lui dit: “Retourne faire ta prière
car en vérité tu ne l’a pas accomplie”. L’homme effectua trois fois la même
prière sans résultat positif et finit par dire au Prophète r: “Par Celui
qui t’ a envoyé avec la Vérité, il n’y a pas meilleur que toi pour
m’enseigner la manière de prier”. Ce fut alors que l’Envoyé de Dieu lui
donna ces explications: “Quant
tu te lèves pour prier, commence par Allâhu Akbar, puis lis ce qui t’est aisé
de réciter du Coran et ensuite incline-toi jusqu’à ce que tu te sentes apaisé
dans cette position. Après, relève-toi jusqu’à ce que tu te tiennes droit
et prosterne-toi jusqu’à ce que tu te sentes tout à fait serein dans ta
prosternation. Redresse-toi et assieds-toi de sorte à éprouver la tranquillité.
Prosterne-toi de nouveau dans les mêmes conditions. C’est ainsi que tu
t’acquitteras de toutes tes prières”. Reprenons
ce hadîth et développons chacune de ses parties: Signalons au préalable que
l’orant qui pénètre chaque fois dans une mosquée est tenu de s’acquitter
de deux rak‘a avant même de s’asseoir.
1. La prière du çubh (le matin): Au
début de la prière du matin et de toutes les autres, l’orant lève ses mains
à la hauteur des épaules ou légèrement plus haut et prononce le takbîratu-l-’ihrâm
qui consiste à dire: Allâhu
Akbar (Dieu est le plus Grand):
S’il
prie en groupe, il ne prononcera pas la première formule. Il laissera l’imâm
le faire. Il lui appartient alors de lui répondre par la seconde formule.
Pendant
la prosternation, il pourra dire s’il le désire: “subhânaka Rabbî, zalam-tu
nafsî, wa ‘amil-tu sû’an, faghfir lî khatâyâya” (Gloire à mon
Seigneur, j’ai commis des iniquités à mes dépends. Pardonne-moi mes
fautes.)
“Allâhumma,
innâ nasta ‘înu-ka, wa nastaghfiru-ka, wa nu’minu bi-ka, wa natawakkalu
‘alay-ka, wa nakh-sha‘u la-ka, wa nakh-la‘u, wa natruku man yakfuru-ka.
Allâhumùma, iyyâ-ka na‘budu, wa la-ka nuçallî, wa nasjudu, wa ilayka
nas’â, wa nah-fidu, wa narjû rahmata-ka, wa nakhâfu ‘adhâba-ka al-jadda,
inna ‘adhâba-ka bil kâfirîna mulhiqun”. “Ô
Seigneur, nous Te demandons Ton aide et Ton pardon. Nous croyons en Toi. Nous
plaçons notre confiance absolue en Toi. Nous éprouvons à Ton égard une
crainte pieuse. Nous nous écartons de tous ceux qui ne croient pas en Toi. Ô
mon Dieu, c’est Toi que nous adorons. C’est pour Toi que nous prions et que
nous nous prosternons. C’est vers Toi que nous oeuvrons et nous Te servons
avec promptitude. Nous espérons Ta miséricorde et craignons Ton dur châtiment.
Certes, Ton châtiment atteindra les mécréants”.
“Les
salutations à Dieu, les oeuvres salutaires pour Dieu, ainsi que les prières et
toutes les bonnes qualités. Que le Salut soit sur toi, ô Prophète r, ainsi
que la Miséricorde de Dieu et Ses bénédictions ! Que le salut soit sur nous
et sur les vertueux serviteurs de Dieu ! Je témoigne qu’il n’y a pas de
divinité en dehors de Dieu Unique et sans associé. Je témoigne que Muhammad
est Son serviteur et Son Envoyé”. A
: “At-Tahiyyâtu li Llâhi, az-zâkiyâtu li Llâhi, at-tayyibâtu aç-çalawâtu
li Llâhi. As-Salâmu ‘alay-ka Ayyu-hâ an-Nabiyyu wa rahmatu Llâhi wa barâhatu-hu.
As-salâmu ‘alay-ka wa ‘alâ ‘Ibâdi-Llâhi aç-çâlihpina. Ash-hadu An lâ
ilâha illâ Llâhu wahda-hu, lâ sharî-ka la-hu. Wa Ash-hadu anna Muhammadan
‘Abdu-hu wa rasûlu-hu”. A
ce stade, l’orant achève sa prière par le salut. Cependant, s’il le veut,
il peut ajouter d’autres formules à la suite de cette dernière. En voici
quelques unes: “Je
témoigne que ce qu’a apporté Muhammad est la Vérité, que le Paradis est réel,
que l’Enfer est vrai, que l’Heure est un Signe qui ne prête à aucun doute,
que Dieu ressuscitera ceux qui sont dans les tombes. Ô mon Seigneur, répand
Tes bénédictions sur Muhammad et sur la famille de Muhammad, accorde miséricorde
à Muhammad et à la famille de Muhammad de la même manière que Tu as répandu
Tes grâces sur Abraham et sur la famille d’Abraham, que Tu leur as accordé
miséricorde et que Tu les as bénis d’entre les créatures des univers ! A
Toi la louange et la gloire ! “Ash-hadu
anna alladhî jâ’a bihi Muhammad haqqun, wa anna al-Jannata haqqun, wa anna
Annâra haqqun, wa anna as-sâ‘ata âyatun lâ rayba fî-hâ, wa anna Allâha
yab‘athu man fîl qubûr. Allâhumma, çalli ‘alâ Muhammadin wa ‘alâ âlî
Muhammadin, warham Muhammadan wa âla Muhammadin, wa bârik ‘alâ Muhammadin
wa ‘alâ âli Muhammadin, kamâ çalayta wa rahimta wa bârakta ‘alâ Ibrâhîma
wa ‘alâ âli Ibrâhîma fîl ‘âlamîna. Inna-ka hamîdun, majîdun”. “Seigneur,
pardonne-nous les péchés que nous avons commis, ceux relatifs aux devoirs
remis à plus tard, ceux que nous n’avons pas dévoilés, ceux que nous avons
affichés publiquement ainsi que les fautes dont Tu as connaissance mieux que
nous”. “Seigneur,
accorde-nous un bienfait en ce monde, un bienfait dans la vie dernière ! Préserve-nous
du châtiment du Feu ! Je me réfugie auprès de Toi contre la séduction de la
vie, l’esprit de révolte contre la mort, les tourments de la tombe et le châtiment
de l’Enfer”. “Allâhumma
ghfir la-nâ mâ qaddam-nâ, wa mâ akhkhar-nâ, wa mâ asrarnâ, wa mâ a‘lannâ,
wa mâ anta a‘lamu bihi minna.” “Rabbanâ
âtinâ fî d-dunyâ hasanatan, wa fî l-âkhirati hasanatan, wa qinâ ‘adhâba
nnâri, wa a‘ûdhu bika min fitnati l-mahyâ wa l-mamâti, wa min fitnati
l-qabri, wa min ‘adhâbî n-nâri.”
Il
est recommandé aussi bien pour la prière du matin que pour toutes celles de la
journée de faire le dhikr qui consiste à dire trente fois chacune de ces
formules, soit quatre vingt dix-neuf fois: 1.
subhâba Llâh, 2. al-hamdu li-Llâh, 3. allahu akbar; Ces
trois formules se concluent par ce témoignage qui s’énonce qu’une seule
fois: “Il n’y a pas d’autre divinité que Dieu l’Unique et sans associé.
A Lui le Royaume, à Lui la louange. Il est Tout-Puissant. Lâ
ilâha illâ Llâh, wahdahu, lâ sharîka lahu. Lahu l-mulku, lahu l-hamdu wa
huwa ‘alâ kulli shayïn qadîr. Si
l’orant le veut, il peut poursuivre le dhikr jusqu’au lever du soleil. Il
est bien entendu que cette pratique n’a rien d’obligatoire.
2. La prière du dhuhr (milieu du jour) et du ‘açr (après-midi) Ces
deux prières comportent chacune quatre rak‘a. La lecture se fera du début
jusqu’à la fin à voix basse. Au cours de chacune des deux premières rak‘a,
l’orant récitera la Fâtiha et une autre sourate. Il
procédera de la même manière que pour la prière du matin. Après avoir
terminé ces deux rak‘a, il s’assoira et dira la formule (A) du tashahhud. Ensuite,
il se lèvera et après le takbîr, il accomplira les deux dernières raka’ât
mais cette fois-ci en récitant seulement la Fâtiha. Il accomplira alors
l’inclinaison et la prosternation selon les indications ci-dessus. A
la fin, dans une position assise, il lira encore le tashahhud selon la formule
(A) et ajoutera les autres s’il le désire. Ensuite, il prononcera le salut
final. Après
la prière de midi, l’orant s’acquittera des prières surérogatoires. Elles
se composent d’abord de deux rak‘a et se terminent par le salut final.
Ensuite, de deux autres rak‘a et se conclut par le salut final. Comme pour la
prière légale et selon le même procédé, il lira la Fâtiha et une sourate. Il
procèdera de la même manière avant la prière de l’après-midi.
3. La prière du maghrib (le soir): Cette
prière comprend trois rak‘a. Pendant les deux premières, l’orant récitera
à haute voix la Fâtiha et une autre sourate. La femme fera sa lecture à voix
moins haute. Après
le tashahhud, il se redressera et effectuera la troisième rak‘a en récitant
à voix basse uniquement la Fâtiha. Les actes à accomplir sont identiques à
ceux des prières précédentes. Après
la prière du soir, l’orant s’acquittera des prières surérogatoires comme
il l’a fait pour les prières du milieu du jour et de l’après-midi. Dès
lors que cette pratique est très recommandée entre le maghrib et le ‘ishâ,
il est utile d’accomplir jusqu’à six rak‘a.
4. La prière du ‘ishâ (la nuit) : Cette
prière comprend quatre rak‘a. L’orant procède de la même manière que
pour la prière du milieu du jour et de l’après-midi, avec cette différence
que la récitation de la Fâtiha et d’une autre sourate se fera à voix haute
comme pour la prière du soir. Là également, la femme récitera les sourates
à voix moins haute. Quant
aux deux autres rak‘a, séparées des deux premières par le tashahhud, la
lecture se fera à voix basse aussi bien pour l’homme que pour la femme. La
prière surérogatoire de la nuit comprend deux rak‘a, appelée ash-shaf‘,
et une troisième nommée al-witr. Pour
les deux premières, il est recommandé de réciter outre la Fâtiha :
Pour
la troisième, il est recommandé de réciter, outre la Fâtiha, les trois
courtes et dernières sourates du Livre sacré:
La
meilleure des dévotions se pratique la nuit. C’est pourquoi, si l’orant
n’est pas gagné par le sommeil, il est louable qu’il s’acquitte de
plusieurs prières surérogatoires. Par contre, s’il venait à dormir et à se
réveiller très tôt, il pourra à ce moment entreprendre les partiques surérogatoires
avant la prière de l’aube, en n’oubliant pas que toute prière est détestable
après celle du fajr. C.
Les prescriptions (fara’id) Comme
dans les chapitres précédents, il n’est pas question d’entrer dans les détails
et de présenter dans tous leurs développements les opinions des quatre grandes
écoles. Cela est du ressort des spécialistes ou des étudiants en droit
musulman. Il s’agit essentiellement de mettre à la disposition du croyant
l’essentiel afin qu’il puisse accomplir correctement et convenablement
l’un des quatre piliers de l’Islam. Cela n’empêchera pas de lui enseigner
les différents cas qui se posent, quand la question exposée le nécessite. Notons
en premier lieu que la prière se faisait à même le sol. C’est ce qui fit
dire aux mâlikites qu’il est détestable de s’en acquitter autrement. Elle
est permise, selon les hanbalites, si la terre est recouverte d’un volume de
neige suffisant à stabiliser les membres du corps au moment de la position
assise. Il en est de même sur l’herbe dans les mêmes conditions, sans quoi
la prière n’est pas valable. En
général, il n’y a aucun inconvénient à prier sur un tapis à condition
qu’il ne soit pas moelleux, car il convient, lors de la prosternation, que le
front puisse sentir la fermeté du sol. La
prière répond à des prescriptions sur la base desquelles se construit sa réalité
et sans lesquelles son accomplissement pêche par son imperfection et, partant,
elle perd sa qualité normative et ne revêt plus sa dimension spirituelle.
Passons donc en revue ses fondements et examinons leur signification.
1. L’intention (an-niyya): *
«Il ne leur fut ordonné que d’adorer Dieu, de Lui vouer un culte pur, en
bons croyants originels, d’accomplir la prière, de s’acquitter de l’aumône
légale, car telle est la religion de la droiture». (Coran, 98/5) *
La valeur des actes, a dit le Prophète r, procède de l’intention. A chacun
ce dont il a eu l’intention de faire. Ainsi, celui qui a émigré pour trouver
Dieu et rencontrer Son Envoyé, c’est pour eux que son émigration a été
effectivement faite. Par contre, celui qui a émigré pour acquérir quelque
bien du monde immédiat ou pour épouser une femme, son émigration ne revêt
que le mérite de l’objet qu’il s’est proposé d’atteindre. Ibn
al-Qayyim explique que l’intention c’est à la fois le dessein et la détermination
d’entreprendre un acte; elle ne se circonscrit pas à la seule prononciation
verbale mais elle provient du cœur dont il est le siège. Au moment du takbîr;
elle rapproche de Dieu. Sans
elle, la prière n’est pas acceptée. Tous les ‘ulama s’accordent sur son
obligation afin de distinguer entre le culte lui-même et les coutumes. L’orant
désigne la prière de la journée à accomplir, à plus forte raison s’il
s’agit de retards accumulés quant à son accomplissement aux moments voulus.
A cet effet, non seulement il nomme la prière concernée mais aussi le jour
correspondant. Si
l’intention n’intervient pas nécessairement dans le cas des prières
prescrites lorsqu’elles s’effectuent aux heures fixées, elle s’impose,
par contre, en ce qui concerne la précision des prières surérogatoires bien déterminées
telle que celle relative à l’éclipse du soleil ou des funérailles. L’intention
est si importante que si l’orant l’omet et qu’il s’en souvienne pendant
la prière, il est tenu de recommencer celle-ci depuis son début.
2. Le takbîr (Allâhu Akbar): Le
takbîr, appelé “Takbîratu l-ihrâm”, est impératif. A ce sujet, le Prophète
r a dit: “La pureté est la clef de la prière; le non énoncé du tahrîm (Allâhu
Akbar) la prohibe et le taslîm (le salut final) la rend licite”. En effet,
selon ce que les anciens ont rapporté en témoins oculaires, le Prophète r,
lorsqu’il se levait pour s’acquitter de la prière, se tenait debout, levait
les mains à hauteur des épaules et disait : Allâhu Akbar.
3. La position debout (al-qiyyâm) : Le
Coran, la Sunna et le consensus des théologiens font de cette position un
devoir pour ceux qui ont la possibilité de l’adopter. Le
Coran spécifie : «soyez assidus à vos prières surtout à la prière médiane
et levez-vous pieusement devant Dieu». (Coran, 2/238). Le Prophète r donna
cette précision: “Accomplis ta prière debout mais si tu ne le peux pas,
fais-la assis et si tu n’es pas en mesure de le faire, accomplis-la, allongé
sur le côté”. Cette
indication s’applique à celui qui, physiquement, éprouve des difficultés à
se redresser ou, qui étant en déplacement, les circonstances ne lui permettent
pas d’agir autre- ment. Ceci a été confirmé par l’Envoyé de Dieu qui a
dit, selon la version rapportée par Bukhârî, que si le serviteur de Dieu est
malade ou en voyage, Dieu le récompense au même titre que celui qui
s’acquitte normalement de son devoir. Par
contre, il est permis de faire la prière surérogatoire dans une position
assise, même si l’orant est à même de se tenir debout. Il n’en reste pas
moins que cette dernière attitude est mieux rétribuée que la première. A ce
sujet, le Prophète r a dit: “La récompense
de celui qui prie assis est de moitié par rapport à celui qui prie debout”.
4. La lecture de l’Ouverture (al-Fâtiha): Plusieurs
hadîths font de la récitation de la Fâtiha une obligation à chaque rak‘a
de toutes les prières légales ou surérogatoires. Aucune divergence n’oppose
les théologiens à ce sujet. Citons, à cet effet, quelques paroles de l’Envoyé
de Dieu r.
Quant
à la Basmala (Bismi Allâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi), trois courants connus émettent
des opinions différentes quant à son emplacement dans la Fâtiha: a.
La basmala est un verset qui s’inclut dans la Fâtiha : Il s’ensuit que sa récitation
au début de la Fâtiha est un devoir aussi bien au moment de la lire à voix
haute ou à voix basse. Na‘îm al-Mujammar a dit : “J’ai prié derrière
Abû Hurayra qui a lu la Basmala et ensuite la matrice du Livre (Ummul Kitâb)”. b.
La basmala est un verset indépendant: Elle a été révélée en vue de séparer
les sourates entre elles. Cependant, sa lecture est permise; elle est même
recommandée sans qu’il soit nécessaire de l’énoncer à haute voix. Anas a
dit: “J’ai prié derrière Abû Bakr, ‘Umar et ‘Uthmân. Ils ne récitaient
pas la Basmala à haute voix”. c.
La basmala ne fait partie ni de la Fâtiha ni d’aucune autre sourate: Il en résulte
que sa récitation est déconseillée lors des prières légales et non pas
pendant les prières surérogatoires. Il ne semble pas que la position de ce
courant soit solide. Ibn al-Qayyim concilie le premier et le second courant en déclarant
que le Prophète r lisait tantôt la Basmala
à haute voix et tantôt à voix basse, bien qu’il la formulait le plus
souvent d’une manière discrète.
5. L’inclaison (ar-rukû‘) et la prosternation (sujûd): Il
n’y a aucun doute au sujet de l’obligation de l’inclinaison et de la
prosternation Toutes les opinions convergent dans le même sens, selon ce verset
: «Ô vous qui croyez ! Inclinez-vous et prosternez-vous...» (Coran, 12/77) Le
rukû‘ consiste à s’incliner de manière que les mains atteignent les
genoux. Quant au sujûd, il consiste à placer ses deux mains sur le sol et à
poser son front et son nez également contre ce sol. Ibn ‘Abbâs a dit:
“Lorsque l’adorateur se prosterne, sept de ses membres se prosternent avec
lui: sa face, les deux paumes de sa main, ses deux genoux et ses deux pieds”. Le
Prophète r a dit: “N’est pas récompensée
la prière de celui qui ne courbe pas son épine dorsale en s’inclinant et en
se prosternant”. A
un homme qu’il voyait prier sans courber son dos en s’inclinant et en se
prosternant, l’Envoyé de Dieu lui a dit : “Tu n’as point prié. Si tu
meurs, dans cette circonstance, tu ne meurs pas dans ton état de prime
nature”.
6. L’acte de se redresser après la génuflexion et de se tenir droit
(al-i‘tidâl qâ’man): Bukhârî
et Muslim mentionnent ce que Abû Humayd, dans son explication quant à la manière
de s’acquitter de la prière, a dit: “Quand l’orant lève la tête, il
doit se tenir droit de sorte que tous les os de son dos reviennent à leur
position normale”. Abû
Hurayra rapporte ce dire du Prophète r:
“Dieu ne jette pas de regard sur l’homme qui ne redresse pas entièrement
son épine dorsale entre son inclination et sa prosternation”. Aïsha
en apporte la confirmation en disant que “Quand le Prophète r
levait la tête après son inclination, il ne se prosternait pas avant qu’il
ne se tienne debout en position verticale”.
7. La position assise (al-julûs): C’est
le moment de la récitation des salutations (at-tashahhud) avant le salut final.
Le Prophète r a dit: “Lorsque tu lèves la
tête à la suite de la dernière prosternation et que tu t’assois le temps de
formuler le tashahhud, c’est que ta prière est achevée”. Au
début, les croyants, avant que le tashahhud ne soit prescrit, disait: “Que le
salut soit sur Dieu avant de l’être sur Ses serviteurs; que le salut soit sur
Gabriel; que le salut soit sur Mïkâyîl”. Ensuite, le Prophète r
ordonna de ne plus dire: “Que le salut soit sur Dieu”, mais plutôt: “Les
salutations à Dieu”. Ceci
indique bien que le tashahhud, qui n’était pas une obligation (fard), le
devint par la suite. Il est à noter que sa formulation doit obligatoirement se
faire en langue arabe.
8. Le salut final (as-salâm): Le
salut final est obligatoire conformément au dire et à l’acte de l’Envoyé
de Dieu.. Selon le hadîth cité ci-dessus, le taslîm est l’acte qui rend
licite la prière. ‘Âmir Ibn Sa’d a entendu son père dire: “J’ai vu le
Prophète r effectuer le salut final en tournant sa tête à droite et ensuite
à gauche de manière à voir la blancheur de ses joues”. Quant
à Wâïl Ibn Hajr, en témoin oculaire, il donna cette précision: “J’ai
prié en compagnie du Prophète r. Il avait
pour habitude de saluer à sa droite et de dire: “Que le salut soit sur vous,
ainsi que la Miséricorde de Dieu et Ses bénédictions”. Ensuite à sa gauche
et redire: “Que le salut soit sur vous, ainsi que la Miséricorde de Dieu et
Ses bénédictions”. As-salâmu
‘alay-kum wa rahmatu l-Llâhi wa barakâtu-hu Ibn
Qadâma a dit que les deux salutations, l’une après l’autre, s’inscrivent
dans le domaine de la légalité (al-mashrû‘iyya) et non pas dans celui de
l’acceptation de la prière (al-’îjâb), d’autant plus que Aïsha, parmi
d’autres, a noté que le Prophète r prononçait aussi une seule fois le
salut. Il s’ensuit que le salut final peut se faire en deux temps. Le
premier est une obligation (fard) et le second une recommandation (mustahab). Il
n’en reste pas moins que tous les ‘ulama s’accordent pour déclarer que la
prière avec un seul salut est admise. Il va de soi que la sérénité la plus complète doit régner tout au long de l’accomplissement de la prière. Autrement dit, l’orant impose le calme et la stabilité à ses membres après chaque mouvement effectué et s’interdit la précipitation, sachant qu’il doit s’accorder un laps de temps afin de bien marquer la séparation entre chacune des phases à réaliser, à savoir entre le moment où il se redresse et celui où il s'abaisse, et d'avantage encore lors de l'inclinaison et la prosternation. |
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